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Sida : les modes de transmission du VIH

Dossier - Sida : comment vaincre le VIH ?
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Voilà 30 ans que le monde fait face au VIH, virus occasionnant le Sida. Explorez ses origines, les traitements possibles, pour quelles raisons la maladie n’est toujours pas enrayée ainsi que les pistes explorées pour la vaincre.

  
DossiersSida : comment vaincre le VIH ?
 

Il n'existe que trois modes de transmission du VIH : la voie sanguine, la voie sexuelle et l'allaitement. Mais les contaminations se produisent dans des proportions très variables...

Le Sida n'est pas une maladie hautement contagieuse. Il ne se transmet ni par voie aérienne (comme le rhume ou la grippe) ni par contact. Il passe d'un individu à l'autre uniquement à travers certains liquides physiologiques comme le sang, le lait maternel, le sperme ou les sécrétions vaginales. En théorie, on en retrouve également dans la salive, la sueur ou les larmes, mais en trop faible quantité pour infecter quelqu'un d'autre.

Le VIH peut se transmettre d'une personne à l'autre par l'utilisation d'une seringue usagée et contaminée. Si le risque est infime à l’hôpital, il est bien plus élevé chez les toxicomanes qui partagent parfois les seringues. © CrashTestAddict, Flickr, cc by 2.0

La transmission du VIH par voie sexuelle

Le Sida est une infection sexuellement transmissible (IST). C'est d'ailleurs la principale voie de contamination du VIH à travers le monde. Pourtant, la probabilité de transmission est plutôt faible. Les sécrétions vaginales et le sperme peuvent contenir suffisamment de virus du Sida pour devenir contaminants. Différentes études montrent que les risques, selon les pratiques et en l'absence de préservatif, s'échelonnent entre 0,005 % (pour la fellation insertive) et 5 % (pour la pénétration anale réceptive). Les femmes sont globalement plus enclines que les hommes à être infectées. À titre d'exemple, le coït vaginal non protégé représente un risque de transmission de 0,1 % chez la femme, et de 0,05 % pour son compagnon.

Une recherche de 2012 établit la probabilité moyenne d'être contaminé par le VIH lors d'un rapport sexuel à une chance sur 900. Mais les proportions varient en fonction de différents critères, comme la charge virale chez la personne séropositive ou son âge.

Dans le cas d'un rapport vaginal non protégé, un homme séropositif risque de transmettre le VIH lorsque les sécrétions prostatiques et le sperme contaminés entrent en contact avec les sécrétions vaginales. Le virus s'y dépose avant de rejoindre la circulation sanguine et d'infecter tout le corps. Lorsque c'est la femme qui est séropositive, ses sécrétions imbibent le pénis masculin et une partie peut remonter l'urètre. On y trouve des macrophages, des cellules du système immunitaire appréciées du VIH, point d'entrée de l'infection, comme le prouve une étude de novembre 2012 dans Mucosal Immunulogy.

Dans le cas de rapports orogénitaux ou anaux, la transmission passe directement des sécrétions sexuelles au sang à travers une lésion interne.

La transmission par voie sanguine

Lors d'échange de sang ou d'intrusion dans la circulation d'un matériel contaminé, le risque d'infection est plus élevé. Ainsi, la transfusion de sang contaminé par le VIH devient la cause la plus probable de transmission du virus du Sida, avec un risque d'infection atteignant les 90 %. Lors de l'accouchement, les sangs de la mère et de son nouveau-né peuvent aussi se mélanger, et les risques de transmission, sans traitement, atteignent environ 20 à 25 %.

L'utilisation de matériel d'injection employé pour des transfusions ou lors de la consommation de drogue par intraveineuse, comme des seringues ayant été en contact avec du sang contaminé, est également à l'origine d'infection par le VIH. Les risques avoisinent les 0,7 %. La roulette du tatoueur peut aussi contaminer un patient.

La transmission de la mère à l’enfant, par le sang et le lait maternel

En théorie, durant la grossesse, le sang de la mère et celui de son fœtus ne se mélangent pas. Cependant, il arrive qu'au moment de l'accouchement, les deux liquides entrent en contact, auquel cas le virus a de fortes chances d'infecter le bébé, comme précisé plus haut.  

Le lait d'une mère séropositive contient aussi le VIH et peut être à l'origine d'une transmission à son enfant. Paradoxalement, il contiendrait pourtant des sucres permettant de limiter l'infection par le virus du Sida.