Santé

Traitement des Toc : les pistes explorées

Dossier - Mieux comprendre les Toc, troubles obsessionnels compulsifs
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Derrière les gestes maniaques communément appelés Toc se cache une pathologie complexe, le trouble obsessionnel compulsif, qui peut devenir handicapante et traduit un mal-être.

  
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Il existe trois types de traitements pour soigner les personnes touchées par les troubles obsessionnels compulsifs, mais il faut noter que bien que les individus ne guérissent pas totalement, les traitements apportent une nette amélioration, suffisante pour qu'ils puissent mener une vie quotidienne convenable.

Quelles sont les pistes explorées pour soigner les Toc. © Geralt, CCO

Toute une gamme de traitements est considérée par les chercheurs, qu'il s'agisse des thérapies de première intention comme les psychothérapies et les médicaments sérotoninergiques ou de l'étape supérieure des perspectives chirurgicales, dans les cas présentant des Toc résistants.

Les traitements médicaux

Dans les années 1980, une avancée pharmacologique avait été saluée, incluant la prise de clomipramine, qui fait partie de la classe des antidépresseurs tricycliques (dits IMAO), mais très vite, les chercheurs ont quelque peu délaissé son utilisation auprès des enfants. Ils mettaient en cause les effets secondaires associés tels que la prise de poids, la possibilité de convulsions et les risques cardiaques encourus. De plus, de nouvelles molécules innovantes se sont révélées plus efficaces.

Schéma d’un neurone. Les neurones à sérotonine jouent un rôle sur le niveau d’anxiété et l’humeur. © Servier Medical Art

Aujourd'hui, les médecins ont mis en place un protocole qui agit directement sur un neurotransmetteur indispensable dénommé sérotonine (récepteur 5-HT, 5-hydroxytryptamine). Dans la classe thérapeutique, cette découverte est capitale pour la prise en charge médicale des sujets malades. Les ISRS (inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine) ou encore la famille des sérotoninergiques atténuent efficacement les Toc. Les neurones à sérotonine jouent un rôle primordial dans la régulation de l'humeur et de l'anxiété. Ainsi, en maintenant un taux relativement élevé de sérotonine au cœur de la synapse (l'espace par où passe l'information dans le neurone), on garantit une forme d'équilibre dans la retransmission des messages envoyés au cerveau. Récemment, une équipe de chercheurs canadiens en lien avec l'université Pierre et Marie Curie a découvert que les neurones 5-HT exercent également une fonction notable dans la libération de glutamate VGLUT3 (vesicular glutamate transporter type 3) qui module, avec le neurotransmetteur GABA (acide gamma-aminobutyrique), la sérotonine.

Les traitements alternatifs

Il convient d'aborder les différentes thérapies cognitives et comportementales (TCC), dont les malades tirent de plus grands bénéfices dans l'amélioration des symptômes. Ces psychothérapies peuvent faire l'objet d'un suivi familial, seul ou par le biais d'un groupe de soutien. L'idée obsédante caractéristique d'un trouble obsessionnel compulsif provoque de l'anxiété et la compulsion pour soulager le patient. Or, dans ces thérapies, l'apprentissage d'un nouveau mode comportemental associé à l'approche cognitive est mis en avant, où l'on rééduque en quelque sorte les pensées du patient (cognitions). Il s'agit ainsi de modifier son attitude et de montrer une nouvelle façon d'appréhender les situations et d'interpréter leurs pensées.

Les traitements chirurgicaux

Enfin, les chercheurs ont mis en lumière un traitement basé sur la neurochirurgie. Cependant, il ne peut s'appliquer qu'aux personnes dont les Toc ont été déclarés résistants ou « réfractaires », et lorsque les traitements de première intention se sont révélés inadéquats et insuffisants. Pour le moment, cette technique n'a été utilisée que dans très peu de cas, lorsque les symptômes font ressortir une extrême gravité. Les chercheurs ne disposent pas encore d'assez de recul pour prouver l'efficacité d'une telle chirurgie. De plus, des cas post-chirurgicaux ont présenté des lésions irréversibles.

C'est la raison pour laquelle la technique de stimulation cérébrale profonde (SCP) pourrait s'imposer face à la chirurgie, qui s'avère trop lourde à supporter. La SCP représente donc un tout nouvel espoir dans la lutte contre les Toc réfractaires. Elle consiste à implanter des électrodes et à stimuler les zones cérébrales concernées.