Santé

Troubles de l’humeur, névrotiques, psychotiques : parentés avec les Toc

Dossier - Mieux comprendre les Toc, troubles obsessionnels compulsifs
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Derrière les gestes maniaques communément appelés Toc se cache une pathologie complexe, le trouble obsessionnel compulsif, qui peut devenir handicapante et traduit un mal-être.

  
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Si l'on s'en tient à la définition du Toc, le patient est en proie à une angoisse profonde et durable. Il existe d'autres types d'altérations qu'il ne faut pas confondre avec les Toc. La plus grosse différence est que les idées sont fixes, envahissantes avec des compulsions qu'il faut prendre en compte.

Phobie des araignées. © Lolaclinton, CCO

Même si les troubles obsessionnels compulsifs sont une maladie particulière, il peut exister des ponts avec d'autres pathologies liées à l'anxiété. Parmi les troubles névrotiques, on trouve en premier lieu les Toc, mais il existe aussi :

  • les phobies, qui sont définies par l'apparition d'une peur excessive déclenchée par un objet particulier ou une circonstance spécifique. Les médecins ont notamment relevé la phobie sociale, l'agoraphobie (peur de la foule) et les autres phobies particulières telles que la peur des ascenseurs, des espaces clos, des animaux, des hauteurs ;
  • le trouble panique, qui se manifeste par une sensation soudaine d'étouffement ou de perte de contrôle de la réalité autour de soi dans une situation donnée, qui ne présente pas de difficulté particulière normalement. Il n'existe pas de raison valable pour déclencher ce phénomène, qui se produit généralement dans un environnement connu par l'individu et sans danger imminent ;
  • l'hystérie, qui est un trouble comportemental dont le sujet est conscient. On distingue deux sortes d'hystérie : celle de conversion, qui implique une paralysie, et celle de dissociation, qui met en œuvre une multiplicité de la personnalité et l'égocentrisme. L'hystérie est marquée par un histrionisme (ou théâtralisme), une mythomanie et de l'imagination, ainsi que des troubles sexuels.
Les troubles bipolaires touchent environ 1 % de la population. © Alarm A-Gwi R, Flickr, cc by nc sa 2.0

Par ailleurs, on observe des troubles de l’humeur, comme :

  • la bipolarité, qui se caractérise par des variations de l'humeur signalée par des passages dans des phases d'excitation, de grande joie suivies d'un changement brusque de dépression ou d'irritabilité. On y retrouve la cyclothymie. Comme son nom l'indique, il s'agit chez certains individus d'un trouble atténué de la bipolarité, qui inclut des phases de hauts et de bas. Il s'agit d'une forme particulière et atténuée de la bipolarité. Cette instabilité est accompagnée d'une forte sensibilité émotive, suivie de périodes d'hyperactivité ou d'hypoactivité entraînant une montée d'enthousiasme, ou au contraire de tristesse. Comme le mentionne Élie Hantouche dans son ouvrage Le Journal de Léa« il est tout à fait légitime de penser que la cyclothymie domine le Toc, qui serait alors une adaptation ou une conséquence du premier trouble. Ce qui revient à dire que le Toc serait un phénomène secondaire, éventuellement une des facettes de la cyclothymie » ;
  • la dépression: il est normal de connaître de petites périodes de déprime dans la vie, mais dès lors que la dépression devient considérable et finit par ne plus être qu'un état de vie quotidienne, elle se mue alors en véritable pathologie. Elle est marquée par le désespoir, la tristesse et le désintérêt pour son travail et ses proches, et ce de façon durable. Les habitudes quotidiennes deviennent un vrai sacerdoce pour l'individu.

Enfin, il existe des troubles psychotiques représentés par :

  • la schizophrénie, dans laquelle l'individu a une personnalité introvertie et des émotions assez froides, jusqu'à ne rien éprouver pour les plaisirs de la vie, avec un désintérêt marqué pour le monde extérieur et les relations sexuelles ;
  • la paranoïa, qui donne une sensibilité accrue et exagérée en cas d'échec des événements de la vie. Le caractère de la personne atteinte est rancunier face aux préjudices subis et soupçonneux envers les autres. L'individu atteint de paranoïa a tendance à s'enfermer dans son monde, avec un isolement social fort entrecoupé par des épisodes de dépression.

Gestes involontaires et rapides : les tics

Les tics vocaux ou moteurs ne servent pas nécessairement à soulager une certaine angoisse. Les premières manifestations des tics concernent essentiellement la partie supérieure du corps (haussement d'épaules, roulement des yeux, etc.). Certes amplifiés par le stress ou un état de fatigue, ils sont inconstants dans la vie quotidienne. Ils apparaissent en moyenne à l'âge de 7 ans, et peuvent disparaître de façon épisodique. De plus, alors que les tics sont effectués de manière impulsive, les Toc revêtent un caractère intentionnel.

Le syndrome de Gilles de la Tourette

Cette maladie a été découverte par le médecin Georges Gilles de la Tourette en 1885. Contrairement aux tics intermittents, les tics liés à ce syndrome sont chroniques. On peut lire sur le site de l'Aftoc (Association française des troubles obsessionnels compulsifs) que « 6 % des sujets atteints de Toc présenteraient aussi le syndrome de Gilles de la Tourette, 20 à 30 % présentent des tics ou en ont présenté à un moment de leur vie ». Les tics moteurs sont accompagnés d'au minimum un tic vocal (tel que la répétition de paroles, des bruits, ou encore des jurons, moins fréquents). Les hommes sont plus sujets à développer ce syndrome que les femmes. La sérotonine, la dopamine ou encore la norépinéphrine pourraient jouer un rôle important dans la transmission des messages au cerveau chez les personnes touchées par ce syndrome.

Dans l'éventail des maladies du comportement, certaines peuvent se croiser et aggraver des troubles préexistants. Il est donc nécessaire de différencier les caractéristiques de chacune des pathologies liées à un dysfonctionnement de la personnalité. En outre, il paraît indispensable de bien surveiller son enfant pour une meilleure prise en charge, le cas échéant.