L'EPO, une hormone naturelle, est détournée à de fins de dopage. © Brian Legate, Flickr

Santé

EPO

DéfinitionClassé sous :médecine , EPO , érythropoïétine

L'érythropoïétine (EPO) est une hormone naturelle composée d'une chaîne polypeptidique de 165 acides aminés. Produite principalement par le rein et le foie, elle régule l'érythropoïèse, c'est-à-dire la production des érythrocytes (ou globules rouges) par la moelle osseuse. Principales cellules du sang, les globules rouges ont pour rôle de transporter les molécules d'oxygène dans le sang.

Lorsque la quantité d'oxygène délivrée aux tis­sus est insuffisante (hypoxie), la synthèse d'EPO augmente ainsi que la produc­tion d'érythrocytes. Inversement, la production d'EPO et de globules rouges diminue en cas d'hyperoxygénation. Certaines hormones peuvent aussi augmenter la synthèse d'EPO, comme la thyroxine, les androgènes, la prolactine et l'insuline.

Depuis 1983, l'EPO est produite de manière industrielle en introduisant un gène porteur de son ADN dans une cellule. Cette EPO dite « recombinante » ne diffère pratiquement pas de l'EPO physiologique. Plusieurs pathologies nécessitent l'administration d'érythropoïétine, comme les patients souffrant d'anémies associées à des maladies chroniques (rhumatisme inflammatoire, cancer, myélome, SIDA...), de déficiences rénales ou d'anomalies sanguines. On peut aussi en administrer en autotransfusion après une intervention chirurgicale par exemple.

Par sa capacité à augmenter l’oxygénation du sang, l’EPO a très tôt été identifiée comme dopant par le milieu sportif. © I.Arle41, Fotolia

Dopage à l’EPO

Du fait de sa capacité à augmenter l'oxygénation du sang, l'EPO a très tôt été identifiée comme facilitateur de performances dans le milieu sportif. L'administration de cette hormone permet aux poumons, au cœur et aux muscles de travailler beaucoup plus sans que la fatigue ne se fasse sentir. De plus, il retarde l'apparition d'acide lactique, produit au cours du travail musculaire quand l'oxygène vient à manquer. Mais à long terme, une surdose d'EPO entraîne un épaississement du sang, augmentant les risques d'infarctus, de thrombose et d'embolie pulmonaire. D'autres effets secondaires (palpitations, douleurs musculaires, éruptions cutanées, nausées et maux de tête violents) ont aussi été décrits.

L'EPO est dépisté dans les contrôles antidopage depuis 2000. Mais la fraude est difficile à détecter, car le taux d'hématocrite (volume de globules rouges sur le volume sanguin total), qui avoisine normalement les 40 %, est très variable d'un individu à l'autre et la limite légale de 50 % peut facilement être dépassée lors d'un entraînement en altitude, par exemple. De plus, l'EPO étant rapidement éliminé par l'organisme, une prise illégale n'est plus détectable après quelques jours alors que ses effets perdurent deux à trois semaines. Par ailleurs, de nouvelles formes de dopage sont apparues, comme l'EPO « retard », qui diffuse plus longtemps et permet donc de réduire les injections.

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