Le digital se développe dans le domaine de la santé. © Elnur, Adobe Stock
Santé

Qu’est-ce qui nous attend en matière de santé, en 2021 ?

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À la suite d'une année 2020 marquée par la pandémie de la Covid-19 et l'importance que la communauté médicale a jouée dans notre quotidien, que faut-il attendre de 2021 ? Plusieurs think tanks se sont penchés sur le sujet : exploitation des data, organisation globale, soins à distance et personnalisation y ont la cote.

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[EN VIDÉO] Quand est apparu le coronavirus ?  Alors que le premier cas officiel recensé en Italie date du 20 février 2020, des patients avec des anticorps contre le coronavirus ont été identifiés dans le pays dès septembre 2019. Comment un virus, qui s’est avéré par la suite aussi meurtrier, a-t-il pu passer inaperçu pendant des mois ? 

ARN messager, vecteurs viraux, vaccins inactivés et autres adjuvants ont fait la Une de cette fin d'année. Et vont certainement encore faire parler en ce début d'année 2021. L'irruption du jargon médical a sans aucun doute été l'un des éléments marquants de l'année 2020, au point de devenir notre quotidien.  

Le sanitaire, affaire de tous !

Au-delà des autorités de santé, propulsées évidemment sur le devant de la scène, chaque entreprise et organisation a intégré dans son mode de fonctionnement un volet sanitaire et santé. C'est un fait : la protection de l'intégrité des employés, mais aussi des clients, est devenue une exigence du commerce et des services.

Le dernier tableau de bord Deloitte, State of the Consumer Tracker, montre que les préoccupations de santé et de sécurité déterminent désormais la manière dont les consommateurs évaluent leurs achats et prennent leurs décisions. Loin des simples distributeurs de gel hydroalcoolique, de nombreuses innovations fleurissent autour des espaces de travail - lampes désinfectantes garantissant un environnement sain, comme Artemide - ou pour la sécurité dans les transports, avec l'adoption de matériaux virucides, des casques avec vidéo thermique embarquée, des robots à UV pour les espaces publics, etc. Par-delà la pandémie de Covid-19, il semble clair que l'organisation sociale et les rapports humains s'en trouveront durablement modifiés. 

L’exploitation de la data-santé

Dans ce cadre, il est aussi important de constater que le virage du digital est désormais majeur et généralisé, et que la santé en est une thématique stratégique. L'explosion des données disponibles agite depuis plusieurs années les experts en santé, et notamment la façon de les exploiter efficacement, au bénéfice du soin et de façon sécurisée pour chaque patient. Cette tendance constitue l'un des points clés du dernier baromètre Gartner.

En France, l'Agence du numérique en santé (ANS) étudie les pistes pour mener à bien la transformation numérique du système de santé, appelé aussi e-santé. De l'interopérabilité des systèmes à l'hébergement des données, des messageries de santé à la veille sur toutes les nouveautés, l'ANS embrasse un très large champ d'action. Son dernier rapport d'étape, tout juste publié, comprend notamment toute une partie consacrée à « une circulation maîtrisée de données au service de l'intelligence artificielle et de la recherche ». 

Le big-data-mining, un outil analytique.

Le traitement du langage naturel, l'automatisation des processus à distance, les avancées permises par la technologie cloud, et plus largement la portabilité des données de santé multiplateformes sont quelques-uns des points clés en train de rebattre les cartes et d'imposer le digital comme un levier clé de l'amélioration des soins.

Monitorer et (mieux) soigner à distance

Le dernier rapport du think tank Forrester l'atteste : 2021 devrait être l'année de l'IoT (Internet of Things ou Internet des objets) dans la santé. Selon les analystes, les fabricants d'appareils connectés doubleront leurs cas d'utilisation dans le domaine de la santé. De nombreuses personnes sont restées à la maison en 2020, laissant les maladies chroniques non gérées et les symptômes non détectés. « En 2021, l'engagement proactif utilisant des appareils portables et des capteurs pour détecter la santé des patients à domicile augmentera. L'intérêt des consommateurs pour les appareils de santé numériques s'accélérera à mesure que les individus apprécieront la commodité de la surveillance à domicile, un aperçu de leur santé et le coût réduit des appareils de santé connectés », notent les experts de Forrester.

La télésanté s'impose et va se déployer. © TicSanté

Selon les spécialistes, la télésanté en général va grandement se déployer. Le volume de consultations à distance s'est déjà considérablement multiplié, et la tendance va perdurer, notamment pour les rendez-vous de routine ou mineurs : un milliard de ces visites de santé virtuelles ont été réalisées en 2020 ! Il faut dire que la télésanté s'impose comme un levier de poids pour traiter les patients, en totale sécurité, voire optimiser encore leur flux chez les praticiens de santé. À noter que les pathologies de santé mentale pourraient aussi être particulièrement concernées par la e-santé : jusqu'à un tiers des rendez-vous pourrait se faire en mode virtuel, dès 2021.

Au-delà des consultations auprès d'un soignant, la télésanté pourrait aussi signifier la multiplication des assistants de santé autonomes et autres robots de prélèvement.

Prédire et personnaliser les soins

Pas tout à fait nouvelle, mais amenée à jouer un rôle prépondérant dans la prise en charge plus efficace des soins aux patients, la médecine prédictive va évidemment poursuivre sa progression, avec des nouveaux enjeux à l'aune de l'impact de la pandémie de Covid-19. Les avancées en matière d'intelligence artificielle appliquée à la santé, de blockchain dédiée et de machine learning vont pouvoir à coup sûr développer de nouveaux protocoles et nouvelles approches. 

Dans cette optique, la personnalisation des soins, s'appuyant sur l'approche génomique, va donner une nouvelle envergure à la médecine dite « de précision ». À ce sujet, le dernier congrès de la Société française de médecine prédictive et personnalisée, tenu en septembre 2020, avait pour thème « médecine génomique et oncogénomique, la médecine de demain, aujourd'hui ».

Best of du congrès 2020 de la Société française de médecine prédictive et personnalisée. © SFMPP

Du fait de l'actualité, un focus sur la génomique des virus et de l’hôte, ainsi que leurs applications (diagnostics ou thérapeutiques) a été réalisé à l'occasion.

Sur le sujet, la France semble plutôt bien placée, comme en témoigne la reconnaissance du Génopole par l'Union européenne. Le groupement est spécialiste de la biotechnologie appliquée, et a notamment été salué pour sa capacité à assurer du transfert vers des entreprises. 

Nouveau modèle de développement avec le prisme santé ?

L'OMS (Organisation mondiale de la Santé) vient d'installer un Conseil sur l’économie de la santé pour tous, avec une feuille de route claire : placer le principe de « santé pour tous » au cœur de la façon dont nous envisageons la création de valeur et de la croissance économique. Lors de son installation, en novembre 2020, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a eu ces mots : « Le moment est venu d'écrire un nouveau récit dans lequel la santé n'est pas vue comme un coût, mais comme un investissement indispensable à des économies qui soient à la fois productives, résilientes et stables. »

Déjà en germe depuis de nombreuses années, la remise en cause des indicateurs d'analyse de développement connaît, avec la survenue de la pandémie, un nouvel écho. Parmi les experts qui travaillent sur le sujet, Eloi Laurent, économiste et enseignant à Sciences Po, à Ponts Paris Tech et à l'Université de Stanford en Californie vient de publier l'ouvrage « Et si la santé guidait le monde ? L’espérance de vie vaut mieux que la croissance ».

Eloi Laurent à l'antenne de France Culture. © France Culture

L'auteur constate notamment que « la moitié des gouvernements de la planète ont fait le choix de placer la santé de leur population avant la croissance de leur économie, faute d'avoir pris soin de la vitalité de leurs écosys­tèmes. La leçon est implacable : détruire la Nature est un sui­cide social et, accessoirement, une folie économique au-dessus de nos moyens ». Liant la transition écologique au bien-être humain, le chercheur anticipe un changement radical de fonctionnement sociétal basé sur la santé.

Eloi Laurent propose un article-résumé en longueur de son approche, disponible dans la revue Germinal.

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