L’obésité serait due à un manque d’activité physique,  à une alimentation trop riche… mais aussi à des neurones déficients dans le cerveau. Des scientifiques du CNRS viennent de démontrer l’importance de ces cellules nerveuses AgRP dans l’assimilation des aliments et, au final, dans la prise de poids. 
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Si certains neuronesneurones dans notre cerveau contrôlent la prise alimentaire, ils coordonnent également l'activité des organes comme le foiefoie, le pancréaspancréas ou les muscles afin d'optimiser l'utilisation des nutrimentsnutriments (lipideslipides, sucressucres). Des chercheurs du laboratoire Biologie fonctionnelle adaptative (CNRS/université Paris Diderot) viennent de mettre en évidence, chez la souris, cette nouvelle fonction essentielle. 

Publiés sur le site d'EMBO Journal le 18 septembre 2012, ces travaux renforcent l'hypothèse selon laquelle le cerveaucerveau pourrait être le siège du dérèglement initial conduisant aux pathologiespathologies associées à l'obésitéobésité comme le diabète de type 2, les maladies cardiovasculairesmaladies cardiovasculaires ou les dyslipidémies.

L’obésité, une maladie du cerveau

L'obésité est désormais considérée comme une épidémie mondiale. La grande majorité de la mortalité associée à ce fort surpoids résulte de complications métaboliques secondaires comme le diabètediabète, les dyslipidémies et les maladies cardiovasculaires (syndrome métaboliquesyndrome métabolique).

L'obésité est une maladie non contagieuse mais qui se répand pourtant à la surface du monde depuis les 30 dernières années. Elle concerne par exemple un Américain sur trois et un Français sur sept. © Idrutu, <a href="http://bit.ly/Kh6tfi" target="_blank">StockFreeImages.com</a>

L'obésité est une maladie non contagieuse mais qui se répand pourtant à la surface du monde depuis les 30 dernières années. Elle concerne par exemple un Américain sur trois et un Français sur sept. © Idrutu, StockFreeImages.com

Or, une ingestioningestion excessive d'aliments ne peut pas seule expliquer le lien entre l'obésité et les maladies associées. Ce n'est pas uniquement la quantité de ce que l'on mange qui est à prendre en compte mais la façon dont l'organisme est capable de gérer cet apport, en particulier le choix entre utilisation ou stockage des lipides et des sucres.

Une équipe de l'université Paris Diderot vient d'identifier le rôle d'un groupe de neurones dans le cerveau (situés dans l'hypothalamushypothalamus et produisant le neuropeptide AgRP) qui contrôle le destin des nutriments au niveau des organes comme le pancréas, le foie ou les muscles. Les chercheurs ont montré que des souris déficientes en neurones AgRP et nourries avec un régime normal, deviennent obèses. 

Les neurones AgRP doublement inculpés

En revanche, lorsqu'on les nourrit avec un régime riche en gras (hyperlipidique), les animaux améliorent leur métabolismemétabolisme du glucoseglucose. Ces expériences révèlent donc que les neurones AgRP, déjà connus pour contrôler la prise alimentaire, agissent également sur le partitionnement des aliments, notamment via leur action de chef d'orchestre auprès du pancréas, du foie et des différents types de muscles. La perte des neurones AgRP change la consigne au niveau central qui définit l'équilibre entre l'utilisation des sucres ou des lipides, rendant alors l'animal mieux adapté à un régime gras.

Un déséquilibre dans la capacité du cerveau à coordonner ces tissus pourrait expliquer l'apparition simultanée de dysfonctionnements métaboliques au niveau de plusieurs organes, comme c'est le cas dans la mise en place du syndrome métabolique, à savoir l'ensemble des pathologies associées à l'obésité. Ainsi, la compréhension de l'ensemble de ces processus pourrait apporter des pistes thérapeutiques pour le traitement de ces maladies métaboliques.