Les lymphocytes T formés lors de précédentes infections par d'autres coronavirus que le SARS-CoV-2 sont capables de reconnaître ce dernier et, limiteraient dans une certaine mesure l'infection. © Kateryna_Kon, Adobe Stock
Santé

Des cellules immunitaires spécifiques des coronavirus du rhume confèrent une protection contre le SARS-CoV-2

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L'immunité garde une trace des infections passées. Tout le monde a déjà eu un rhume, une infection bénigne parfois causée par un coronavirus. Selon une étude récente, des cellules immunitaires formées lors d'un rhume pourraient aussi protéger, partiellement, contre les infections au SARS-CoV-2.

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Les coronavirus humains, autres que ceux de la famille des SARS, sont responsables des symptômes typiques de l'hiver : gorge irritée, nez qui coule et autre rhume qui, généralement se résorbent tout seul. De précédentes études ont montré que les lymphocytes T spécifiques de ces coronavirus humains reconnaissent aussi leur cousin plus virulent, le SARS-CoV-2. On peut alors supposer que la présence de ces lymphocytes T constitue une protection, pas totale, contre les infections au SARS-CoV-2.

Les scientifiques de l'Imperial College de Londres ont justement étudié cette question. La présence de lymphocytes T spécifiques à d'autres coronavirus au moment où une personne est exposée au SARS-CoV-2 influe-t-elle sur l'infection ?

Plus de cellules cross-réactives chez les non-infectés ?

« Être exposé au SARS-CoV-2 n'entraîne pas toujours une infection, et nous avons voulu comprendre pourquoi. Nous avons découvert que des taux importants de cellules T pré-existantes, créées par le corps lorsqu'il est infecté par d'autres coronavirus humains comme le rhume, peuvent protéger contre l'infection au Covid-19 », explique Rhia Kundu, première autrice de l'étude.

L'étude s'est déroulée en septembre 2020 auprès de 52 Britanniques, relativement jeunes, vivant avec quelqu'un infecté par le SARS-CoV-2, et qui étaient donc à risque d'être infectés à leur tour. Les participants ont réalisé des tests PCR au début de l'expérience, 4 et 7 jours après pour confirmer l'infection ou non. En parallèle, les participants ont aussi fait une prise de sang pour analyser la présence des fameux lymphocytes T.

Les résultats ont montré que les 26 personnes non-infectées possèdent plus de ces cellules dites cross-réactives que les personnes infectées. Ces lymphocytes T sont actifs contre le SARS-CoV-2 car ils reconnaissent une partie du coronavirus conservé entre tous les virus de cette famille, la nucléocapside. Cependant, les scientifiques n'ont pas observé de différences parmi les lymphocytes T spécifiques de la protéine S entre les participants infectés ou non.

En d'autres termes, la présence de ces lymphocytes T pourrait conférer une protection partielle contre l'infection, mais en aucun cas l'empêcher totalement. 

« Alors que c'est une découverte importante, ce n'est qu'une forme de protection, et je tiens à souligner que personne ne devrait se fier uniquement à cela. En revanche, la meilleure façon de vous protéger contre le Covid-19 est d'être complètement vacciné, y compris de recevoir votre dose de rappel », conclut Rhia Kundu.

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