Les cellules graisseuses pourraient être infectées par le coronavirus. © freshidea, Adobe Stock
Santé

Le coronavirus peut-il infecter les cellules graisseuses ?

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Une étude prépubliée suggère que le coronavirus peut infecter les adipocytes et les macrophages dans les tissus graisseux. Ces résultats, s'ils se confirment, apporteraient des premiers éléments d'explication sur les formes graves et prolongées de la Covid-19 qui touchent les patients obèses.

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Des scientifiques de Stanford, avec l'aide de leurs collègues de Suisse et d'Allemagne ont observé la présence de l'ARN du SARS-CoV-2 dans les adipocytes, les cellules qui stockent les graisses, et dans des cellules immunitaires résidant dans les tissus graisseux. Ces résultats, prépubliés sur le serveur de prépublication BioRxiv, pourraient expliquer, en partie, pourquoi les personnes obèses (IMC > 30) sont plus touchées par des formes graves et prolongées de la Covid-19.

Si l'obésité est liée à plusieurs pathologies qui peuvent aggraver la Covid-19, comme le diabète ou des troubles de l'inflammation par exemple, tous les obèses n'en sont pas atteints. Pourtant, le risque persiste sans que les scientifiques n'aient pu mettre le doigt sur les causes exactes. 

Le coronavirus observé dans des dépôts graisseux autour du cœur de patients décédés de la Covid-19. © Giovanny J. Martínez-Colón et al., BioRxiv

Le SARS-CoV-2 dans les tissus adipeux

L'une d'entre elles pourrait être la capacité du SARS-CoV-2 à infecter les adipocytes. Les scientifiques ont collecté sur des patients opérés en chirurgie bariatrique des échantillons de graisse viscérale, sous-cutanée, péri et épicardiale puis les ont infectés avec le SARS-CoV-2. Le génome du coronavirus a été identifié dans les adipocytes matures, mais pas dans les préadipocytes. Le coronavirus peut aussi infecter un sous-type de macrophage, appelé macrophage C2, résidant dans les tissus adipeux.

En creusant un peu plus cette piste, les scientifiques ont constaté que ces macrophages étaient particulièrement pro-inflammatoires. Ils sécrètent des cytokines connues pour amplifier la réaction inflammatoire ou attirer d'autres cellules immunitaires. Si les préadipocytes ne sont pas infectés par le SARS-CoV-2, sa présence change leur phénotype en les rendant, eux aussi, inflammatoires. Ces expériences in vitro sont confortées par l'observation du coronavirus dans des dépôts graisseux, notamment autour du cœur et des poumons, de patients décédés de la Covid-19.

Les conclusions de cette étude, qui doit encore être relue et publiée dans un journal à comité de lecture, sont à prendre avec précaution. Si elles sont confirmées par d'autres études indépendantes, elles pourraient apporter un début d'explication quant aux formes graves de la Covid-19 chez les obèses, mais aussi sur l'apparition du Covid long, si les tissus graisseux forment un réservoir pour le SARS-CoV-2.

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