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Séismes : sont-ils tous à la frontière de plaques tectoniques ?

Dossier - Dix questions sur les séismes
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Imprévisibles et dévastateurs, les séismes et les tsunamis figurent parmi les phénomènes naturels les plus violents. Découvrez tout des tremblements de terre, des origines à la détection en passant par les signes avant-coureurs.

  
DossiersDix questions sur les séismes
 

Certains séismes se produisent, non pas à la frontière des plaques tectoniques, mais à l'intérieur. Ce sont en général les plus difficiles à prédire sur le long terme, et les plus dangereux en raison même de leur caractère singulier.

Pour les scientifiques, les séismes à l'intérieur des plaques restent un mystère. Comment se produisent-ils ? Selon quels mécanismes ? Un certain nombre d'hypothèses existent.

Effet d'un tremblement de terre sur un immeuble. © Cobain86 CCO

La première est liée à l'existence de failles cachées. L'histoire de la Terre, notre planète, est un éternel recommencement : les continents cassent, se disloquent, sont emportés par les tapis roulants formés par les plaques en mouvement, avant de se reformer.

Or, il arrive parfois que ces continents se ressoudent à l'endroit même où ils ont cassé, comme une plaie qui se cicatrise. C'est là, dans ces anciennes zones de rupture (qui sont aussi des zones de fragilité) que se situent ces failles cachées. Reste que certaines sutures ne se réactiveront jamais. Et à l'inverse, certaines zones réactivées ne sont pas toutes d'anciennes sutures. Rien n'est jamais simple...

Carte de la sismicité mondiale, de 1973 à 2004. © NEIC, M.-A. Gutscher

Le réveil d'anciennes failles inactives

Plusieurs séismes relevant de cette hypothèse ont été identifiés. C'est le cas du séisme de magnitude 5,9 qui a frappé le centre du Québec en 1988. Ou encore de celui qui a eu lieu en août 2011, en Virginie, dans l'est des États-Unis, une zone au beau milieu de la plaque nord-américaine. Là encore, on pense à la réactivation d'anciennes failles inactives, ici liées à la chaîne de montagnes des Appalaches.

Plus proches de nous, le sud de la Bretagne ou la Vendée, par exemple, sont des zones sismiquement actives avec des séismes de magnitude 5, alors même qu'elles ne sont ni l'une ni l'autre en bordure de plaque ! La raison est simplement qu'il existe ici de nombreuses failles très anciennes qui sont réactivées régulièrement (la faille sud-armoricaine notamment) malgré les faibles contraintes. Tous ces paramètres complexes font qu'il est parfaitement imprudent d'affirmer qu'aucun séisme n'arrivera jamais dans ces régions que l'on considère actuellement comme stables.

Autre explication avancée pour certains séismes intraplaques : l'existence de barrages qui, avec leurs alternances de niveaux, pourraient, dans certains cas, modifier l'état de contraintes dans le sous-sol et déclencher un séisme.

Ces séismes, souvent mal compris, sont une véritable source d'angoisse pour les sismologues et les pouvoirs publics, qui ne peuvent en aucun cas prévoir leur survenue. Outre les nombreux débats tournant autour de ce sujet, cette difficulté de prévision est aussi la porte ouverte aux prédictions les plus fantaisistes. En 1989, Iben Browning, un climatologue américain, sismologue autoproclamé, a créé un véritable vent de panique en annonçant l'imminence d'un séisme à New Madrid (Missouri) pour décembre 1990. En vain. Reste qu'avec un regain d'activité sismique depuis septembre 2010 et plus de 500 tremblements de terre enregistrés dans le centre de l'Arkansas, la région de New Madrid est aujourd'hui plus que jamais sous haute surveillance.