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Les fontaines coulent-elles plus fort avant un séisme ?

Dossier - Dix questions sur les séismes
DossierClassé sous :géologie , séisme , tremblement de terre

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Imprévisibles et dévastateurs, les séismes et les tsunamis figurent parmi les phénomènes naturels les plus violents. Découvrez tout des tremblements de terre, des origines à la détection en passant par les signes avant-coureurs.

  
DossiersDix questions sur les séismes
 

Les observations liées à la circulation des fluides sont très anciennes, puisque certaines datent de plus de 200 ans. Les premières concernent les propriétés physiques et chimiques des eaux aux alentours de la zone du séisme. Peu avant l'événement, certaines sources vont en effet voir leur température ou leur débit augmenter et leur composition chimique changer : teneur en chlore, concentration en sels minéraux, etc.

Geyser en début d'éruption. © Ryan Taylor CC BY-NC 2.0

Physiquement, on sait que certains puits ont vu leur niveau d'eau monter de cinq ou dix centimètres quelques jours avant le séisme. Ou à l'inverse, baisser de façon significative, ce qui n'est pas contradictoire, car tout dépend des conditions géologiques locales ou de la position du puits par rapport à l'épicentre.

Ces variations constatées, reste la principale inconnue, le facteur temps. Et toujours les mêmes questions : quand le séisme se produira-t-il ? Dans quelques heures, jours, mois ?

Des changements semblent avoir été observés dans le fonctionnement des geysers du parc de Yellowstone, situé dans le Wyoming, quelques jours avant certains séismes lointains de Californie. © Jean Vandemeulebrouck

Le séisme de Loma Prieta

L'autre difficulté est d'arriver à évaluer, à partir de ces indices, le périmètre de la zone qui sera affectée. Aux États-Unis par exemple, certains geysers du parc de Yellowstone, au nord-est de la Californie, se sont mis en activité anormale quelques jours avant le séisme de Loma Prieta (magnitude 7,1), qui a eu lieu en 1989 près de San Francisco. À des centaines de kilomètres de là, alors que certaines sources situées, elles, à proximité du séisme n'ont pas bougé !

Ces mêmes difficultés existent pour les caractéristiques chimiques des eaux. Certes, on constate que les concentrations en certains éléments chimiques augmentent ou baissent selon les cas, mais à partir de là, qu'en déduire ? Et quelle prédiction faire ? En l'état actuel des connaissances, ces observations restent inexploitables.