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Mode de vie des algues : volvox, pandorine...

Dossier - Les algues, de surprenants végétaux aquatiques
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Les algues sont des organismes étonnants. Ces végétaux aquatiques ne sont pas encore capables de se libérer de l'eau pour vivre, pourtant, ils sont déjà doués de la capacité de photosynthèse.

  
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Le mode de vie des algues peut être assez varié, voyons ici l'exemple des volvox et pandorines. Les algues sont partout : dans l'eau douce, dans l'eau salée et même sur la face nord des arbres et sur le sol, mais il leur faut impérativement deux choses : de la lumière pour leur photosynthèse (donc cela limite la profondeur en mer ou dans un lac) et de l'eau pour leur reproduction (la protection des gamètes et des zygotes viendra bien plus tard dans l'évolution).

Quel est le mode de vie des algues ? Ici, crabe Carcinus maenas. © D. Hazerli, Wikimedia Commons, DP

Algues unicellulaires : exemple de la pandorine 

Les algues peuvent, pour les unicellulaires, vivre en solitaire, comme Chlamydomonas. Elles peuvent former des groupes lâches de cellules juxtaposées, enveloppées d'une sorte de gelée comme la pandorine, ci-dessous.

La pandorine est une algue unicellulaire. © DR

Dans ce cas, toutes les cellules du groupe ont la même structure que Chlamydomonas et sont issues, par mitose, de la même cellule originelle. Elles sont maintenues ensemble par cette enveloppe mucilagineuse commune.

Algues pluricellulaires : les pleurocoques

Le cas des pleurocoques, aériens, est un peu particulier. Ils forment la poussière verte commune sur les faces les plus exposées à la pluie des troncs d'arbre. Cette poussière est constituée de cellules ressemblant à des chlorelles mais restant, après division, groupées par 2, 4, 8 ou plus. Ceci peut former des agrégats assez massifs qui se dissocient par simple action mécanique. Il s'agit d'une forme très rudimentaire de vie pluricellulaire à laquelle on donne le nom d'archéthalle.

Mode de vie en colonies, comme les volvox

Les algues peuvent aussi vivre en colonies dans lesquelles les cellules sont reliées entre elles par des prolongements cytoplasmiques comme le volvox ci-dessous.

Dans ce cas, les ponts cytoplasmiques permettent des échanges et une synchronisation des battements des flagelles. Dans cette sphère il y a deux sortes de cellules, celles qui s'occupent de la « vie » de la colonie et celles qui s'occupent de la reproduction uniquement. Ces cellules reproductrices engendrent de nouvelles sphères à l'intérieur du dispositif et lorsque les colonies filles ont une certaine taille, la colonie mère meurt et les colonies filles sont ainsi libérées. Une différentiation induit donc une certaine perte d'autonomie de la cellule et volvox peut être considéré comme un « intermédiaire » entre les unicellulaires et les pluricellulaires végétaux. Dans le monde animal, on pourrait considérer les éponges comme un équivalent.

Le volvox est une algue intermédiaire entre unicellulaires et pluricellulaires, un peu comme les éponges. © DR

Adaptation des algues à leur milieu

Pour les algues pluricellulaires, on peut avoir des « pieds » isolés, des touffes, des tapis. Les filaments sont plus ou moins ramifiés ou en lames plus ou moins larges et les algues sont fixées à leur substrat par différentes sortes de pieds : ventouses, crampons, disques ou encore rhizoïdes...

Mais chaque algue a son milieu particulier auquel elle est adaptée. Si l'on considère, par exemple, les algues marines de la côte rocheuse, on a une distribution tout à fait particulière du haut en bas de l'estran ; celle-ci est différente en mode calme (zone abritée dans un aber [estuaire] breton par exemple), ou dans une zone battue par les vagues.

La zonation d'un estran est caractéristique et a été décrite de façon très complète par A. Davy de Virville en 1940.

Deux fucus d'espèces différentes peuvent occuper des milieux tout à fait différents. Par exemple, le Fucus vesiculosus se trouve jusqu'à une profondeur de 70 cm et doit être émergé chaque jour : on ne le trouvera donc pas dans les flaques et il préfère l'exposition au nord, alors que Fucus serratus n'a pas de flotteurs, vit à une profondeur de 50 cm environ et peut rester immergé mais il peut disparaître si le milieu est trop battu.

Exemple d'estran. © Ifremer, tous droits de reproduction interdits

Il y a un grand nombre de facteurs physicochimiques qui influencent le milieu :

  • Le substrat : sable, roche, coquille... ;
  • la salinité : pleine mer, côte, flaque au soleil (très salée) et à la pluie (presque douce), embouchure de rivière plus ou moins saumâtre... ;
  • l'émersion : plus ou moins longue suivant la position sur l'estran ;
  • la profondeur, qui détermine la lumière ;
  • la lumière : sa quantité et sa couleur (voir ci-dessous).
Pourcentage d'éclairement (différentes longueurs d'onde) dans un milieu aquatique, de 100 à 0 %, de la surface à -100 m. © DR

Mais il y a aussi les facteurs biologiques comme la compétition interspécifique entre les algues elles-mêmes et la présence ou non de brouteurs, par exemple des patelles ou des littorines.

Littorina obtusata sur Fucus serratus. © Ifremer, A. Le Maguéresse, tous droits de reproduction interdits

Le phénomène de symbiose

Les algues sont nécessaires à toute une flore (certaines algues sont des parasites d'autres, certains champignons inférieurs s'attaquent aux populations d'algues et peuvent les détruire) et à toute une faune de l'estran (Haliclystus auricula, un scyphozoaire, vit fixé sur les algues).

Haliclystus auricula. © C. König, tous droits réservés

Macropodia, lui, se laisse pousser les algues sur la carapace pour se camoufler !

Macropodia rostrata. © C. König, tous droits réservés

Le petit crabe Carcinus maenas s'abrite sous un caillou derrière un rideau d'algues : il chasse à l'affût.

Carcinus maenas. © C. König, tous droits réservés