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Sur Mars, Phoenix, dans la tourmente, bascule en mode de sécurité

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Les sévères conditions climatiques rendent la vie difficile à la sonde Phoenix, installée sur Mars depuis mai 2008. Elles ont contraint l'ordinateur de bord à interrompre le fonctionnement des instruments non indispensables à sa survie.

Une des dernières images en couleurs du sol martien avant l'arrêt des instruments. Crédit Nasa

Des vents chargés de poussière qui empêchent une exposition optimale de ses panneaux solaires, une température diurne de -45°C et nocturne de -96°C : il n'en n'aura pas fallu plus pour que, privé d'une bonne partie de son énergie, le robot martien de la Nasa, déjà en difficulté, se commute de lui-même en mode de sécurité.

Cette léthargie traduit le souci des techniciens de garder la sonde en état de fonctionnement le plus longtemps possible. Dès que la quantité d'énergie disponible à bord descend au-dessous d'un certain seuil, l'informatique de bord déconnecte un à un tous les dispositifs non critiques, à commencer par les expériences scientifiques.

Sur cette image du sol gelé de Mars, les couleurs n'apparaissent presque plus. Crédit Nasa

Seuls les instruments considérés comme vitaux pour la sonde restent alimentés, avec une priorité pour les communications radio avec la Terre, qui peuvent toutefois être suspendues par intermittence.

En théorie, la perte de rendement des panneaux photovoltaïques de la sonde en raison de l'angle d'incidence de plus en plus faible des rayons solaires n'aurait pas dû entraîner cet arrêt aussi rapidement. Mais la température ambiante, la plus froide jamais enregistrée, a provoqué un fonctionnement accru des systèmes de réchauffement des instruments, grands consommateurs d'électricité, aggravant la situation.

Photo (monochrome) prise sous la sonde fin novembre. Crédit Nasa

Mesures d’urgence

Le 29 octobre, les responsables de la mission ont décidé d'interrompre le fonctionnement de deux systèmes de réchauffement. Le premier, d'une consommation moyenne de 250 watts, maintenait la température de l'électronique du bras robotisé et de l'analyseur TEGA. Le bras, avant son immobilisation définitive, a été positionné de façon à ce que son extrémité, qui porte plusieurs sondes, reste partiellement enterrée dans le sol. Ainsi, des données de température, d'humidité et de conductivité électrique pourront encore être recueillies durant plusieurs semaines. Le deuxième système concernait l'élément pyrotechnique de Phoenix, qui n'avait plus été utilisé depuis l'atterrissage. Son interruption devrait encore prolonger la durée de la mission de quelques jours.

En haut à droite, l'extrémité du bras robotisé portant la pelle et diverses sondes est visible, partiellement enterrée. Crédit Nasa

L'arrêt de ces éléments devrait permettre de réorienter l'énergie disponible vers les instruments considérés comme prioritaires pour la science, à savoir la station météorologique et le dispositif de prise de vues. Si ces mesures ne suffisent pas, il est également prévu d'interrompre le réchauffage du système de prise de vues, les techniciens estimant que la chaleur produite par l'électronique de la station météorologique devrait suffire pour se réchauffer elle-même ainsi que la caméra.

Le bras robotisé de Phoenix, peu avant le lancement de la sonde vers Mars. Crédit Nasa

Dans l'immédiat, tous les appareils de Phoenix ont été arrêtés afin que les batteries aient le temps de se recharger, et les communications radio ont été suspendues. Aucune tentative pour reprendre un fonctionnement normal ou partiel n'aura lieu avant le week-end. La décision dépendra des données qui seront alors reçues.

Phoenix, d'une durée de vie initialement prévue de 90 jours, vient de terminer son cinquième mois de présence à la surface de la Planète rouge...

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