Extrait de la vue globale de Mars prise par Mars Express lors de sa 17.444e/sup> orbite de Mars. © ESA, DLR, FU Berlin, CC by-sa 3.0 IGO

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Mars Express nous offre une superbe photo de la Planète rouge

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Une vue splendide de Mars, de la calotte polaire nord à Valles Marineris, offerte par l'ESA pour les quinze ans du lancement de sa sonde Mars Express.

Il y a 15 ans, le 2 juin 2003, la sonde Mars Express quittait la Terre pour Mars. Grâce à cette mission — l'une des plus importantes de ces dernières années —, les planétologues ont une meilleure vision de l'histoire géologique de la Planète rouge, une planète aujourd'hui aride mais qui était habitable, il y a plus de 3,7 milliards d'années. Au fil de ses 18.000 orbites martiennes, la sonde européenne a cartographié sans relâche et en détail la surface de ce monde voisin, scruté ses reliefs façonnés par le vent, le volcanisme et aussi par l'eau, et ainsi contribué à dessiner un nouveau portrait de Mars.

En cadeau pour fêter le quinzième anniversaire de son poulain Mars Express, dont elle peut être fière, l'Agence spatiale européenne (ESA) a partagé une superbe vue de Mars prise avec la caméra en haute résolution HRSC, en octobre 2017. La photo, baptisée « D'horizon en horizon », embrasse le globe martien du pôle nord jusqu'à son équateur. N'hésitez pas à l'agrandir sur l'écran pour profiter de ses moindres détails... On peut y passer de longues minutes à scruter la surface, passant de la calotte polaire et des basses terres du nord (en bas sur l'image) aux plus hautes altitudes sur Mars, dans Tharsis. On y découvre des reliefs qui semblent peigner de vallées parallèles, des fissures et bien sûr des cratères...

Mars d’un horizon à l’autre. Photo prise par Mars Express le 12 octobre 2017. La résolution est de 1 km/pixel. Téléchargez l’image annotée ici. © ESA, DLR, FU Berlin, CC by-sa 3.0 IGO

Tharsis et le Labyrinthe de la nuit dans toute leur splendeur

La région Tharsis est célèbre pour ses immenses volcans, les plus grands de tous les astres du Système solaire. Sur le bord droit, au milieu, on aperçoit une partie du plus majestueux de tous : le mont Olympe. Un peu plus haut, apparaissent d'autres grains de beauté couleur caramel sur la face de Mars : les monts Pavonis (à droite), Ascraeus (au milieu) et aussi Alba (plus discret, à gauche au milieu), tous couverts d'un léger glacis de brumes martiennes.

Le soulèvement de Tharsis, dans un lointain passé, a d'une certaine manière cassé et émietté le sol de Mars. En témoigne le réseau de craquelures au sud des volcans (en haut sur l'image). Il s'agit du Labyrinthe de la nuit, un dédale qui conduit aux portes de Valles Marineris. Rappelons que cette balafre est un long et profond ensemble de canyons, quatre fois plus vaste que le « Grand canyon » terrestre. Nous la voyons ici disparaître derrière l'horizon bleuté de la Planète rouge. Que de choses à voir dans ce portrait de Mars en haute résolution.

Les récentes mises à jour de ses logiciels de bord devraient prolonger la vie de Mars Express jusqu'au milieu des années 2020, a annoncé l'ESA.

Pour en savoir plus

Mars Express a cartographié presque toute la Planète rouge

Article de Rémy Decourt publié le 5 février 2013

En juin, la carte globale de la minéralogie de Mars devrait être dévoilée. En attendant, l'Agence spatiale européenne rend publique une cartographie presque complète de la planète. Elle a été réalisée par la sonde Mars Express, qui fête ses dix ans d'activité.

Les trois régions les plus emblématiques de Mars sont clairement visibles sur cette carte. Recherchez donc Olympus Mons, le plus grand volcan du Système solaire ! Voyez-vous les trois volcans formant Tharsis Montes ? Ou encore, observez Valles Marineris, le grand canyon de Mars, profond d’une dizaine de kilomètres, et qui s’étend sur plus de 4.000 km. © ESA, DLR, FU Berlin (G. Neukum) et F. Jansen (ESA)

Lancée en juin 2003 par un lanceur Soyouz, depuis Baïkonour, la sonde Mars Express a rejoint la Planète rouge six mois plus tard. Près de dix ans après son arrivée, cette sonde poursuit son activité et devrait même réaliser, à la fin de l'année, un survol à haut risque au-dessus de Phobos.

Son héritage scientifique apparaît d'ores et déjà très dense. La sonde a mis en évidence que de l'eau liquide a été présente en grande quantité sur Mars peu de temps après sa formation. Elle a également observé de nombreux phénomènes faisant intervenir de l'eau : sous les sols de la planète, elle a notamment découvert des dépôts de glace d'eau d'une très grande pureté. Elle a également confirmé pour la première fois la présence de méthane dans l'atmosphère et identifié les interactions entre le vent solaire et l'atmosphère supérieure.

Cependant, on retiendra de Mars Express qu'elle a revisité l’histoire de la Planète rouge et ses trois grandes périodes connues (le Noachien, l'Hespérien et l'Amazonien). La sonde a en effet mis en lumière trois ères distinctes, distinguables par leurs minéraux dominants : le Phyllosien (avec les phyllosilicates, dont les argiles), le Theiikien (les produits du volcanisme) et le Siderikien (règne des oxydes ferriques).

Le célèbre sourire martien, vu par Mars Express, qui est en fait le cratère Galle, de 230 km de diamètre (à ne pas confondre avec le cratère Gale dans lequel s'est posé Curiosity). © Esa, DLR, FU Berlin (G. Neukum)

Dix mille révolutions autour de Mars

Avec plus de dix ans de données, les scientifiques sont en mesure de tracer des cartes précises de la surface martienne. En juin, l'Esa rendra d'ailleurs publique la carte globale de la minéralogie de Mars. Pour l'instant, c'est une cartographie de la planète acquise à la verticale (nadir) dans le rouge, le vert et le bleu qui nous est dévoilée.

Au 30 juin 2012, 87,8 % de la surface de Mars étaient cartographiés, dont 61,5 % avec une résolution de 20 mètres par pixel. Cette mosaïque d'images comprend des milliers de scènes acquises lors des 10.821 révolutions de la sonde autour de la planète.

La carte présente des zones sombres. Elles correspondent à des images qui n'ont pas été intégrées en raison d'une trop forte concentration de poussière dans l'atmosphère, qui rend la surface invisible. Si les conditions météorologiques sont clémentes lors des prochains passages en orbite au-dessus de ces zones d'ombre, les responsables de la mission devraient pouvoir compléter la cartographie. Quant aux variations des couleurs également observables, elles s'expliquent par les conditions d'ensoleillement (qui diffèrent d'un jour à l'autre) ainsi que par la teneur en poussière de l'atmosphère martienne, qui tend à assombrir les paysages.

Pour profiter pleinement de cette carte, il est préférable de télécharger la version la plus large mise en ligne, au format Tiff, sur le site de l’Agence spatiale européenne.

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