Après la suspension des vols habités vers l’ISS, on s’inquiète de la fiabilité du lanceur Soyouz. Mais la longue expérience dont il résulte plaide pour lui. Retour sur l’histoire du spatial russe, qui plonge ses racines dans l’URSS de l’après-guerre.
Les récents déboires du lanceur russe Soyouz pointent le grand âge des technologies utilisées. Cette fusée a été en effet connu son premier lancement en 1966. Mais les techniques russes actuelles sont reconnues pour leur fiabilité et même pour une certaine rusticité. Il n’est pas inutile de jeter un œil dans le rétroviseur pour prendre la mesure de l’expérience accumulée.
Le programme Soyouz (union en russe) débute en 1962. Le nom est celui d’un vaisseau spatial, une capsule, capable d’emporter deux puis trois cosmonautes. Il est l’œuvre de Sergueï Korolev et doit alors succéder aux vaisseaux Vostok (celui de Youri Gagarine, premier Homme dans l’espace le 12 avril 1961) et Voskhod, qui n’a servi que deux fois.
Un vaisseau Soyouz vole pour la première fois le 21 avril 1967 et est prévu pour permettre des rendez-vous spatiaux automatisés ou réalisés manuellement. Il faut un lanceur lourd pour le mettre en orbite et la fusée, mise au point par l’équipe de Korolev, prendra également le nom de Soyouz.
Toujours bon pied bon œil
La longévité du vaisseau Soyouz est tout à fait remarquable. De nombreuses améliorations lui ont été apportées et plusieurs versions ont été développées au fil des années, avec ou sans panneaux solaires par exemple. Mais son architecture n’a pas changé et c’est toujours à peu près le vaisseau de 1962 qui amène les astronautes à bord de la Station spatiale internationale (ou ISS). Le cargo Progress, inhabité, qui ravitaille régulièrement l’ISS est directement dérivé du vaisseau Soyouz.
Le problème actuel, qui a conduit à suspendre les vols des Soyouz et qui pourrait conduire à l’évacuation provisoire de l’ISS, ne concerne qu’un étage du lanceur Soyouz et pas le vaisseau spatial. Il n’en reste pas moins que ces ennuis montrent le peu d’investissements réalisés ces dernières années en Russie, et même aux États-Unis pour assurer un accès fiable à l’orbite basse. Le programme chinois de vols habités, lui, semble aller bon train, grâce notamment à l’efficacité de la capsule Shenzhou… directement inspirée des Soyouz.
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