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L’hécatombe chez les grands dauphins américains est due à un virus

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Des analyses moléculaires l'ont confondu, un morbillivirus explique l'événement de mortalité inhabituelle observé chez les grands dauphins sur la côte est des États-Unis. L'information a été dévoilée par la NOAA, à la suite d'examens menés sur 33 cétacés. L'agent pathogène appartient au même genre que celui de la rougeole, mais il n'est pas transmissible à l'Homme. 

Les tursiops communs, ou grands dauphins, sont des cétacés à dents, autrement appelés odontocètes. Ils vivent dans les eaux tempérées et tropicales tout autour du globe. © Squallidon, Filckr, cc by nc sa 2.0

La situation ne s'arrange pas sur la côte est américaine, où 333 grands dauphins (Tursiops truncatus) ont été retrouvés morts depuis le 1er juillet 2013 (en date du 28 août). Par ordre d'importance, les principaux États concernés sont : la Virginie, le New Jersey, la Caroline du Nord, l'État de New York, le Maryland et le Delaware. Globalement, il y a dix fois plus de cétacés morts qu'à la même époque les années antérieures. Les experts de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) ont classé ce phénomène comme étant « un événement de mortalité inhabituelle ».

Le Marine Mammal Health and Stranding Response Program a de ce fait reçu une aide financière fédérale pour enquêter sur ces échouages afin d'en établir la principale cause. Pour ce faire, des prélèvements de tissus ont été réalisés sur 33 victimes (selon Science Mag), au niveau de leurs poumons, de leur cerveau et de leur système lymphatique. Ils ont non seulement été étudiés à l'aide de méthodes traditionnelles, mais aussi au moyen de techniques moléculaires. Grâce à elles, le coupable de cette hécatombe a été identifié, puisque présent chez 32 des dauphins autopsiés.

Ce grand dauphin (Tursiops truncatus) a été trouvé mort sur une plage du New Jersey (États-Unis), comme une cinquantaine d'autres depuis le 1er janvier 2013. © Marine Mammal Stranding Center

Un système immunitaire détruit ouvre la voie aux bactéries

Il s'agit d'un morbillivirus, un pathogène qui appartient au même genre que l'agent de la rougeole chez l'Homme, ou que la maladie de Carré chez le chien. Selon des études génétiques complémentaires, 11 cétacés ont à coup sûr été infectés par un type de morbillivirus uniquement rencontré chez les dauphins, les marsouins et les baleines. Ce pathogène détruit progressivement le système immunitaire de son hôte, le rendant ainsi sensible aux infections bactériennes dites secondaires. Elles expliquent partiellement les lésions ou les éruptions cutanées observées sur les mammifères marins échoués.

L'événement de mortalité inhabituelle de 2013 est le plus important recensé sur la façade atlantique depuis 1987. Cette année-là, un morbillivirus a fait plus de 700 morts. Ses survivants ont probablement acquis une immunité, ce qui a limité son retour jusqu'à ce que le nombre de dauphins non immunisés (c'est-à-dire nés après 1987) ne devienne suffisamment important. Personne ne peut dire quand l'épidémie s'arrêtera, d'autant plus que le nombre réel de victimes n'est pas connu. En effet, des cétacés meurent sans être amenés sur des plages.

Des questions restent également en suspens concernant la transmission du virus. Aucune indication ne montre qu'il pourrait infecter l'Homme. En revanche, des doutes subsistent sur son éventuelle transmission à d'autres mammifères marins qui, comme les grands dauphins, ne peuvent être ni traités ni vaccinés.

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