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En Alaska, d’étranges maladies de peau touchent les ours polaires

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Une étude récente menée en Alaska montre que des ours polaires mais aussi des phoques et des morses perdent une partie de leurs poils et sont affectés par des maladies de peau. Le phénomène n'est pas nouveau mais reste inexpliqué.

Un phoque du Groenland dévoré par un ours polaire, sur la banquise. © LindsayRs, Flickr, cc by nc nd 2.0

Comme tous les hivers depuis 1984, une équipe de l'US Geological Survey (USGS) est allée, durant deux semaines, surveiller les ours polaires vivant au nord de l'Alaska, sur la côte bordant la mer de Beaufort, à l'est de la pointe Barrow, jusqu'à Tuktoyaktuk, au Canada. Près de Barrow, l'équipe a pu endormir 33 ours et effectuer sur eux des prélèvements de sang et de tissus. Neuf de ces mammifères étaient victimes d'alopécie (perte de poils en différents endroits du corps) ou de lésions de la peau. Par ailleurs, soulignent les biologistes, le comportement de ces ours semblait tout à fait normal.

Des lésions du même genre avaient déjà été observées l'été dernier chez des pinnipèdes, en particulier des phoques annelés (Pusa hispida), qui ont dans le même temps subi un taux de mortalité élevé. La NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) a en effet signalé un nombre « anormal » d'échouage de phoques. Durant la même période, de telles lésions cutanées ont aussi été notées chez des morses, mais, semble-t-il sans liaison avec des problèmes de santé. Des observations semblables ont été rapportées sur des populations de pinnipèdes au Canada, en Russie et sur la côte de la mer de Bering.

Un ours polaire endormi par une équipe de l'USGS et montrant les signes d'une maladie cutanée provoquant une alopécie partielle au niveau du cou. © USGS

Quel agent infectieux pour la maladie des ours ?

Les prélèvements qui viennent d'être effectués chez les ours polaires n'ont pas permis de comprendre l'origine de cette maladie touchant la fourrure. Ce n'est pas la première fois que les populations d'ours sont affectées par ce syndrome puisque les équipes de l'USGS l'avaient déjà repéré durant l'hiver 1998-1999. La cause reste mystérieuse. Les scientifiques sont toujours en quête d'un agent infectieux, d'un polluant ou d'une maladie auto-immune. Cette fois, cette épidémie chez l'ours polaire, une espèce menacée, coïncide avec des mortalités élevées chez les phoques et avec des syndromes similaires chez eux et chez les morses. Mais pour l'instant, aucun lien ne peut être établi entre ces différents événements.

Les scientifiques vont poursuivre leur travail en poussant leurs investigations vers l'est au mois de mai, en s'installant dans la baie de Prudhoe. Ils lancent aussi un appel à témoins à destination des habitants et des visiteurs de cette magnifique région de l'Arctique.

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