Planète

Morse

DéfinitionClassé sous :zoologie , pinnipède , mammifère marin
Photo d'un morse de l'Atlantique. © Ansgar Walk, CCA-SA 3.0 Unported license

Morse (Linnaeus 1758) - Odobenus rosmarus

  • Ordre Carnivora
  • Sous-ordreCaniformia
  • Famille Odobenidae
  • Genre Odobenus
  • Taille : 2,30 à 3,60 m (longueur moyenne des canines ou défenses 0,70 m)
  • Poids : 800 à 1.800 kg
  • Longévité : 20 à 30 ans 

Statut de conservation UICN : DD données insuffisantes

Description du morse

Le morse possède un corps massif et conique terminé par une queue courte. Le museau aplati est orné de nombreuses vibrisses faisant songer à une épaisse moustache, et de deux canines ou défenses pointant de la mâchoire supérieure. Leur longueur varie en fonction du sexe. Les yeux, petits et sombres sont situés haut de part et d'autre d'une tête un peu cubique. Le cou est massif et les nageoires antérieures également appelées palettes natatoires qui atteignent le quart de la longueur du corps, sont attachées sur des muscles puissants. Les postérieures sont un peu plus courtes. Elles servent principalement aux déplacements sur la terre ferme ou la glace, mais ils restent malgré tout maladroits. L'animal se traîne plus qu'il ne marche. La couleur de la peau qui est ridée et très épaisse varie du brun foncé à une teinte presque rosée en fonction de l'âge. La face dorsale est généralement plus claire que la partie ventrale.

Morses de l'Atlantique. © Ansgar Walk, CCA-SA 3.0 Unported license

Habitat du morse

Il existe plusieurs populations de morses, mais toutes vivent dans la zone polaire arctique. La population du Pacifique, Odobenus rosmarus divergens, la plus importante, fréquente le détroit de Béring et le nord de l'Alaska, et la mer des Tchouktches sur la rive orientale des côtes sibériennes. D'autres groupes dont la population de l'Atlantique, Odobenus rosmarus rosmarus, évoluent dans l'Arctique canadien, le Groenland, le Svalbard et la partie occidentale de l'Arctique russe. Une population isolée se trouve dans la mer de Laptev, Odobenus rosmarus laptevi au statut contesté, qui se situe entre les côtes de la péninsule de Taïmyr et de l'archipel de Severnaya Zemlya en Sibérie.

Morses du Pacifique. © Pfinge, US Fish and Wildlife Service, domaine public

Comportement du morse

Le morse est un pinnipède grégaire et sociable qui forme fréquemment de grands groupes de plusieurs centaines, voire de plusieurs milliers d'individus. Ce sont les mâles les plus imposants et possédant les plus belles défenses qui trônent au sommet de la hiérarchie. En dehors de la période de reproduction, les mâles restent au sud de leur aire de distribution géographique habituelle, tandis que les femelles et les jeunes remontent vers le nord. Les jeunes se tiennent à la périphérie des groupes. Le morse communique par grognements et beuglements, mais peut également siffler pour annoncer un danger. Dans ce cas, l'animal cherche refuge dans l'eau. Compte tenu de sa taille, le morse n'a que deux prédateurs naturels : l'ours blanc et l'orque

Groupe de morses en Alaska. © Hickey Bill, US Fish and Wildlife Service, domaine public

Le morse peut plonger à 80 mètres de profondeur et rester sous l'eau pendant une trentaine de minutes. Il ne s'éloigne guère du rivage pour ne pas risquer de rester bloqué sous les glaces. Il absorbe environ 27 kg de nourriture journellement. Sa vitesse de nage est de 7 km/h en moyenne, mais il peut atteindre des pointes de 35 km/h. La graisse sous cutanée peut atteindre 15 cm d'épaisseur et peut représenter un tiers du poids de l'animal. 

Reproduction du morse

Les parades ont lieu de janvier à avril, période de temps pendant laquelle les mâles cessent pratiquement de s'alimenter. Ces derniers vocalisent pour séduire les femelles et impressionner les concurrents, contre lesquels ils peuvent se battre et s'infliger de sérieuses blessures. La gestation dure de quinze à seize mois lors de laquelle la femelle augmente son alimentation de plus de 30 %. L'embryon est implanté en différé de trois ou quatre mois. La mère donne naissance tous les deux ans à un seul petit qui peut peser entre 50 et 75 kg pour une taille avoisinant le mètre. Le « veau » tète sa mère pendant environ six mois avant de commencer à s'alimenter de façon traditionnelle. Vers un an, le jeune pèse déjà 200 kg. Il reste aux côtés de sa mère entre trois et cinq ans. Les mâles atteignent leur maturité sexuelle vers sept ans, mais ne sont réellement aptes à se reproduire que vers quinze ans. Les femelles quant à elles, peuvent procréer dès quatre ou six ans. La fréquence de mise bas diminuant avec l'âge, fait du morse l'espèce de pinnipède au taux de reproduction le plus faible.

Jeune morse sur le dos de sa mère. © US Fish and Wildlife Service, domaine public

Régime alimentaire du morse

Le pinnipède a un régime alimentaire varié qui se compose d'une soixantaine d'organismes marins tels que crustacés (crevettes, crabes...), concombres de mer, mollusques (palourdes, coques, clams...) et petits poissons qu'il détecte grâce à ses vibrisses. Il chasse le sable à l'aide de ses palettes natatoires antérieures ou en expirant de l'air par la bouche pour déloger ses proies. Le morse se sert de sa puissance d'aspiration qui fonctionne un peu comme un piston, pour briser les coquilles et pour se nourrir du mollusque qu'elles contiennent. Il peut occasionnellement être cannibale envers les jeunes de son espèce, ou même charognard lorsque l'occasion se présente.

Couple de morses. © Max Smith, Megapixie, domaine public

Menaces sur le morse

Il est dit qu'historiquement, les Vikings furent les premiers à chasser le morse. Mais c'est sans compter avec les Hommes de la civilisation du Dorset (celle qui précéda la venue des Inuits dans le Grand Nord canadien) qui devaient déjà chasser le pinnipède en l'an 800 avant J.-C. Mais quelle que soit l'antériorité de la civilisation qui a commencé à chasser le pinnipède, le morse de l'Atlantique fut mené au bord de l'extinction dans le premier tiers du XXe siècle.

Chasse au morse. © Ansgar Walk, CC Paternité 3.0 Unported

Les mesures protectrices prises par les États-Unis et la Russie permirent aux effectifs de se reconstituer. Actuellement la chasse est règlementée par des plans de gestion des ressources dans tous les pays du cercle polaire arctique. Ceux qui sont tués, le sont dans le cadre de la chasse traditionnelle et à titre purement alimentaire. L'UICN estime que les données actuelles ne permettent pas de définir un statut réel de conservation. Mais si la chasse actuelle ne représente qu'un aspect minime de la réduction des populations, il est probable que les bouleversements climatiques influent rapidement sur la raréfaction des proies du pinnipède.

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