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Khroma, le bébé mammouth, est arrivé au Puy-en-Velay

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Congelé, stérilisé, le corps de Khroma, un bébé mammouth vieux de plus 50.000 ans, est désormais la vedette du musée Crozatier, au Puy-en-Velay, en Auvergne, qui consacre une grande exposition à ces pachydermes disparus.

Le bébé mammouth Khroma, 6 mois de vie et plus de 50.000 ans de congélation, est la vedette du musée Crozatier, au Puy-en-Velay (Haute-Loire, Auvergne). A coup sûr, cet invité, qui repartira le 15 novembre 2010, mérite un détour pour une visite... © Musée Crozatier

Un jour, il y a longtemps, un jeune mammouth s'est aventuré trop près du bord d'une falaise dans ce qui est aujourd'hui la Sibérie. Il avait six mois environ et mesurait déjà 80 centimètres de hauteur pour 1,60 mètre de longueur. Il a glissé, peut-être, et a été précipité dans le vide, heurtant violemment les rochers. Le bassin brisé, l'animal a arrêté là sa courte vie mais pas son destin. Dans ce climat froid, son corps a été progressivement enterré par la boue et les débris végétaux puis inclus dans le sol gelé, le pergélisol (ou permafrost en anglais).

Des dizaines de milliers d'années plus tard, en 2009, le bébé mammouth a été exhumé par une équipe du programme Mammuthus, initié par Bernard Buigues, explorateur polaire, passionné de paléontologie qui veut sauver les nombreux animaux piégés dans le pergélisol avant qu'ils ne disparaissent. Le réchauffement climatique, en effet, dégèle progressivement de grandes parties de ces sols. Ce grand congélateur naturel, qui emprisonne encore une grande quantité de carcasses d'animaux de toutes sortes, montre des signes de faiblesses et libère régulièrement ses momies, détruites par les bactéries, les champignons, les animaux... ou les hommes qui en font commerce. Avec l'aide de l'armée, un grand nombre de ces restes sont désormais récupérés et stockés au froid.

Traité en star

Devenu Khroma, le grand bébé a suivi cette filière et est désormais adopté par les humains, qui ont commencé à lui imposer quelques analyses, d'abord pour connaître son âge. Une tentative de datation au carbone 14 a échoué, démontrant que l'animal a vécu il y a plus de 50.000 ans, limite de la méthode. Sa bonne conservation a permis d'estimer qu'il avait entre 6 et 7 mois au moment de son plongeon fatal, mais pas son sexe à cause de la déformation du bassin.

La Russie vient de le confier momentanément à la France, pour l'étudier et pour l'exposer au musée Crozatier, en Haute-Loire. Khroma est d'abord passé par Grenoble où le CEA (Commissariat à l'énergie atomique) l'a soumis à un déluge de rayons gamma qui aurait tué un homme (ou un mammouth vivant). Le but était de stériliser le corps, pour éviter sa dégradation mais aussi un risque de contamination des personnes qui vont se pencher sur lui. Avant l'utilisation de cette arme de destruction massive, une équipe de l'ENS de Lyon a effectué un prélèvement pour analyser le matériel génétique qui pourrait subsister mais qui n'aurait pas résisté aux puissants rayonnements.

Conservé à -18°C, l'animal est désormais installé dans une grande exposition sur les mammouths au musée Crozatier qui, de plus, accueillera du 30 août au 4 septembre 2010 le cinquième colloque international sur les mammouths. Khroma sera bientôt soumis à d'autres études. Un scanner du bassin devrait enfin révéler s'il s'agit d'une femelle ou d'un mâle et une autopsie sera pratiquée pour en savoir un peu plus sur lui, notamment pour retrouver les restes de son dernier repas.

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