Jeune otarie à fourrure de Kerguelen. © Gregory Pol. Tous droits réservés

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À bord du Patrouilleur Polaire L’Astrobale, en Antarctique, à la rencontre des otaries à fourrure de Kerguelen

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Lors de ce voyage à bord du brise-glace, l'Astrolabe, je suis allé à la découverte des otaries de Kerguelen, une espèce qui a failli disparaître au XIXe siècle en raison de sa chasse intensive. L'Astrolabe est un patrouilleur polaire armé par la marine française et un navire de ravitaillement polaire français propriété des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) ; il est affrété par l'Institut polaire français Paul-Émile Victor (IPEV).

Lors d'un voyage à bord du patrouilleur polaire « L'Astrobale », j'ai pu approcher des colonies d'otaries à fourrure, des animaux fascinants. Ce qui m'a le plus surpris, c'est le côté extrêmement sonore de celles-ci. Au loin, venant par la mer, on pourrait imaginer des cris d'enfants ou même croire à l'appel au secours d'un éventuel naufragé ou un « oublié » comme cela a déjà été le cas dans ces îles... Ce n'est vraiment qu'en s'approchant franchement que l'on arrive à mettre des têtes sur les bêlements et les rugissements entendus.

C'est en débarquant sur Kerguelen, Nouvelle Amsterdam ou Saint-Paul, que l'on se rend compte de l'immense population qui occupe ces Terres australes françaises. Ce qui est fascinant, c'est que tout d'abord l'eau est cristalline et que, de suite, de jeunes otaries se sont approchées de l'embarcation.

Une photo « étonnante » d'une otarie à fourrure en marche. © Grégory Pol. Tous droits réservés

Qui sont ces otaries de Kerguelen ?

Elles sont vives et très à l'aise dans l'eau. Curieuses, elles s'approchent vraiment de moi pour m'observer. C'est un premier contact très agréable après ces huit jours passés à se faire secouer sur le patrouilleur polaire « L'Astrolabe ». Leurs petites oreilles bien visibles sont l'un des critères physiques qui les différencient de leurs cousins phoques.

Le nombre d'otaries à fourrure est estimé là-bas à plus de 10.000 individus. Les femelles sont plus petites et plus légères que les mâles (1,20 m et 40 kg pour les femelles contre 1,80 m et plus de 130 kg pour les mâles). Chaque mâle adulte peut être le dominant d'un groupe d'une dizaine de femelles.

Bâillement d'une femelle otarie à fourrure de Kerguelen. © Grégory Pol. Tous droits réservés

Comment reconnaître les mâles ?

Les mâles sont reconnaissables par leur taille plus imposante mais surtout par leur petite crête de poils placée juste sur le sommet de leur tête. Si ce « postiche » lui donne un petit air amusant, l'otarie à fourrure reste un prédateur agressif et efficace. Sa mâchoire est puissante et ses crocs sont acérés. Elle ne craint pas l'Homme ; même si elle se laisse observer facilement, elle n'hésitera pas à rugir et grogner pour vous avertir de ne pas vous approcher plus et ainsi affirmer son autorité.

Mâle au poste de guet dans les rochers. © Grégory Pol. Tous droits réservés

Savoir garder ses distances

À l'inverse, en respectant une certaine distance et en restant bien sagement assis, quelques jeunes de l'année aux airs de peluche sont venus tout près pour me jauger sous l'œil bienveillant de leur mère. C'était ma première rencontre avec ces animaux et j'ai été vraiment étonné de les voir monter si haut dans les collines. Les otaries sont aussi très habiles sur la terre ferme et se déplacent assez vite.

Beaucoup de très jeunes otaries se reposaient loin de l'eau en attendant le retour de leur mère partie se nourrir. De nombreuses scènes d'allaitement avaient lieu un peu partout dans les herbes et sur les rochers. En général, les otaries à fourrure se nourrissent de crustacés, de poissons de fond, de petits oiseaux de mer et peuvent s'éloigner à plus de 100 km des côtes pour pêcher. Encore une fois, c'est l'orque qui est l'un de ses principaux prédateurs avec son cousin, le léopard de mer...

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