Le gel sera possiblement catastrophique pour certaines productions de fruits et de légumes entre samedi et lundi. © Ivan, Adobe Stock
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Vague de froid et agriculture : plusieurs régions sont menacées par un gel destructeur

ActualitéClassé sous :grand froid , agriculture , climatologie

Entre ce vendredi 1er avril et mardi prochain, une coulée d'air polaire va s'abattre sur la quasi-totalité du pays et les températures seront dignes d'un début de mois janvier. Les conséquences sur les récoltes de fruits et légumes seront catastrophiques dans certaines régions.

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Ce vendredi, le vent s'oriente au nord et au nord-est et les températures vont chuter jusqu'à lundi. Malgré son caractère potentiellement destructeur sur les cultures, cette offensive hivernale ne peut pas être qualifiée de « vague de froid » pour autant, car les valeurs ne descendront pas assez bas et pas assez longtemps.

Du gel jusqu’à mardi

Le gel sera possiblement catastrophique pour certaines cultures entre samedi et lundi : si les gelées seront plus généralisées dimanche matin, la matinée la plus froide sera celle de lundi. Jusqu'à -5 °C prévu, mais si la neige arrive à tenir, le mercure descendra bien plus bas sur ces zones. La neige favorise en effet le rayonnement nocturne, et dans ce cas, il est possible de perdre encore 5° C de plus ! Toutes les régions françaises seront concernées, sauf une petite partie du sud-est qui bénéficiera de températures à peine positives.

Cet événement rappelle le gel destructeur de l'année dernière, en avril 2021, épisode reconnu « calamité agricole » par le ministère de l'Agriculture. Cependant, la situation de ce mois d'avril 2022 sera différente et, à priori, moins grave : les températures ne descendront pas aussi bas, sauf si le rayonnement lié à la neige vient empirer la situation dans certains départements.

Après les deux matinées très à risques de dimanche et lundi, la probabilité de gel sera encore tenace jusqu'à mardi matin mais de manière plus limitée. Les températures remonteront ensuite à partir de mercredi et cette période de froid tardif sera terminée.

Situation préoccupante pour les fruits et légumes

Vincent Guyot, céréalier et producteur des betteraves près de Saint-Quentin dans l'Aisne, est particulièrement inquiet : « Le risque est très important au moment où la plantule sort de terre, c'est-à-dire actuellement. Il suffit d'un gel à seulement -1 ou -2 °C pour brûler ou couper la tigelle qui vient de sortir. Cela va se jouer à la parcelle près, en fonction de l'exposition et de l'altitude de chaque parcelle. À 3 ou 4 km d'écart, on peut avoir 3 °C de différence ».

Et si la présence de neige peut faire chuter les températures, elle peut aussi jouer un rôle d'isolant pour les végétaux : « S'il y a 5 à 10 cm de neige au sol, cela va peut-être protéger les plantes, de la même manière que l'on asperge les fleurs à l'avance d'un gel en arboriculture. Mais s'il n'y a pas de neige, et que les plantes subissent des gelées à -4 ou -5 °C sur terre nue, alors ça va être très compliqué ! Il n'y a pas de protection pour les betteraves. Pour les vignes, on peut allumer des bougies, mais nous non ».

Dans le cas d'un gel destructeur, l'unique solution sera alors de re-semer, mais l'agriculteur précise que « plus on sème tôt, meilleur est le rendement ; et plus on sème tard, plus on perd en rendement. J'ai semé le 20 mars, ensuite nous avons eu 10 jours de conditions printanières et les betteraves ont germé très vite, et si le gel détruit les plantes, il faudra attendre le retour d'un sol sec pour semer à nouveau ».

Concernant les vignes, le risque se situe surtout à l'ouest dans les cépages précoces : dans le Val de Loire, du côté de Bordeaux et parfois en Bourgogne. Au nord de la France, le stade de développement n'est pas encore assez avancé et les dégâts seront très limités. La perte risque par contre d'être importante sur les récoltes de cerises (déjà touchées l'année dernière), mais aussi sur les fraisiers, framboisiers, mirabelles, pêches, abricots ou encore kiwis. Unique solution, la mise en place en place de systèmes de chauffage, très énergivores et coûteux pour les producteurs.

Moins problématique pour les céréales

Concernant les céréales, la situation n'est pas préoccupante : « Le stade est peu avancé pour les blés, ce qui est normal à cette époque de l'année car leur croissance dépend de la lumière du jour. La tige ne dépasse pas le centimètre, et ça ne devrait pas poser de problème même avec -3 ou -4 °C. Et il n'y aura pas de grosse conséquence si le colza gèle, car on se situe en début de floraison et celle-ci dure un mois, le colza pourra compenser avec les fleurs suivantes ».


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