Sans cette vitamine, nous serions très sensibles au froid

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Chez les animaux, la transformation du tissu adipeux blanc en tissu adipeux brun est fondamentale pour produire de la chaleur. Dans certaines expériences précliniques, elle permet aussi de réduire l'obésité. Dans certains travaux scientifiques antérieurs, les métabolites de la vitamine A, notamment le rétinol, ont été maintes et maintes fois associés à la production de chaleur via le tissu adipeux. Toujours est-il que l'importance physiologique du transport de ces métabolites dans la thermogenèse reste inconnue.

Pour essayer de résoudre cette énigme, des chercheurs ont exposé des souris et des humains au froid et, chez les souris, ils ont utilisé aussi un modèle transgénique où le transport des métabolites de la vitamine A était altéré. Leur expérience suggère que la stimulation par le froid chez la souris et l'être humain entraîne une augmentation desdits métabolites en circulation. Il en va de même pour leur transporteur plasmatique. Chez les souris transgéniques, la thermogenèse induite par les adipocytes et les fonctions oxydatives des mitochondries pour produire de l'énergie ont été considérablement altérées au sein du tissu adipeux blanc sous-cutané, ce qui les a rendues beaucoup plus sensibles au froid.

Aussi, lorsque les scientifiques ont stimulé in vitro des adipocytes humains avec du rétinol, ils ont constaté une expression accrue de certains gènes impliqués dans la thermogenèse et dans la respiratoire mitochondriale. Chez l'humain, l'augmentation de la concentration plasmatique en rétinol due au froid est associée à un changement dans le métabolisme des substrats énergétiques. Les résultats suggèrent que cela se traduit par une utilisation plus élevée des lipides. Toutefois, ces résultats sont, pour l'instant, bien trop préliminaires pour concevoir une quelconque application clinique.

Les taux de rétinol augmentent dans notre sang lorsque nous sommes exposés au froid. © afxhome, Adobe Stock
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