Notre insatiable soif de pétrole…, c'est elle qui est à l’origine du réchauffement climatique anthropique en cours. Cela semble déjà bien assez. Mais dans une forêt du Congo, elle pourrait avoir des conséquences bien plus directes et désastreuses encore.


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    Avant d'être un pays, le Congo est un fleuve. Un fleuve de près de 5.000 kilomètres de long qui traverse l'Afrique centrale. Son bassin abrite l'une des plus grandes forêts tropicalesforêts tropicales au monde : 286 millions d'hectares. Une magnifique réserve de biodiversitébiodiversité. Mais aussi un colossal puits de carbone et une importante source d'alimentation pour quelque 60 millions d'êtres humains. Un écosystèmeécosystème qu'il semble plus que jamais important de préserver.

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    L'ennui, c'est que le gouvernement de la République démocratique du Congo s'est mis en tête qu'il se cacherait sous sa forêt tropicale, jusqu'à 16 milliards de barils de pétrolebarils de pétrole. Il se murmure qu'il aurait mis aux enchères des droits de forage pétrolier exploratoire sur une zone forestière -- et au-delà -- de près de 25 millions d'hectares. C'est Simon Lewis, un professeur de l'University College London et de l'université de Leeds (Royaume-Uni) qui le dénonce.

    Dans cette région en particulier, la prospection pétrolière signerait la mort d’un sanctuaire naturel pour la faune

    Selon ses estimations, sur pas moins d'un million des hectares mis aux enchères se trouve ni plus ni moins que la plus grande tourbière tropicale au monde. Un écosystème incroyablement riche et préservé car extrêmement difficile d'accès jusqu'à présent et qui stocke des quantités colossales de carbone. L'équivalent de trois années de nos émissionsémissions mondiales de gaz à effet de serre (GES).

    Dans cette région en particulier, la prospection pétrolière signerait la mort d'un sanctuaire naturel pour la faune. Elle serait synonyme d'arbresarbres coupés sur les milliers de kilomètres pour transporter le matériel et ouvrirait ensuite la voie aux braconniers et aux bûcherons illégaux.

    Un risque pour l’environnement et pour les populations

    Tout cela alors même que l'on ignore s'il existe réellement un gisement intéressant de pétrole exploitable sous la forêt tropicale du Congo. Le mal serait fait. Irréversiblement fait. Le risque de déforestationdéforestation total serait majeur. Les tourbières pourraient libérer près de 6 milliards de tonnes de carbone. Une catastrophe !

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    Sans commune mesure toutefois avec ce qui pourrait se produire si du pétrolepétrole devait vraiment finir par être extrait de sous la forêt tropicale du Congo. Sans parler de l'impact sur le climatclimat des usages qui en seront faits. Car faire remonter du pétrole à la surface, ce n'est pas sans conséquence. Une fois encore, les forages sont particulièrement dommageables pour les tourbières. Leurs eaux uséeseaux usées pourraient en polluer de vastes zones mettant à mal leur biodiversité et les ressources dont dépendent les populations locales. Selon Simon Lewis, l'opération pourrait même complètement déstabiliser le pays déjà fragilisé par un conflit armé dans l'est.

    Mais y a-t-il une autre issue ? Oui, à en croire l'expert. Notamment en travaillant à rendre lucratif le maintien de la forêt tropicale. Par la rémunération des populations locales en échange d'accords pour continuer à protéger la forêt. Une piste qui pourrait même financer un certain développement sans en passer par la destruction de l'environnement. Déjà, à l'occasion de la 26e Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP26), la Central African Forest Initiative, un groupe international de donateurs, a signé un accord de 500 millions de dollars avec le Congo pour protéger ses forêts et ses tourbières. Un accord qui n'aurait plus aucun sens si la mise aux enchères était confirmée...