Pour sa santé ou pour réduire volontairement son impact environnemental, faire les bons choix en faisant ses courses peut devenir bénéfique. Pourtant, il n'est pas si facile de s'y retrouver, ni nécessaire de bouleverser ses habitudes. Voici, pour ouvrir la Semaine du développement durable 2009, quelques écolabels pouvant servir de repères et quelques règles simples à connaître. Ensuite, à chaque consommateur de se déterminer...
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Qui ne se soucie de ce qu'il trouve dans son assiette ? Si chaque consommateur marque son accord pour une alimentation à base de produits naturels, non traités (ou le moins possible), l'intérêt semble cependant s'estomper dès que les prix affichés grimpent, même modérément. Le sacrifice en vaut-il la peine ? A l'évidence oui, au détail près qu'il ne s'agit pas d'un sacrifice... Une meilleure connaissance des produits suffit souvent à améliorer la qualité de sa nourriture et un peu de bon sens à s'assurer une alimentation plus raisonnée (faut-il vraiment manger des fraisesfraises en hiver ?). Quelques écolabels aideront à se repérer...

L’agriculture biologique

Le label ABlabel AB a fait son apparition depuis quelques années en réponse à un réel besoin. Définie comme un ensemble de pratiques agricoles respectueuses des équilibres écologiques et de l'autonomieautonomie des agriculteurs, l'agriculture dite biologique est née de réflexions privilégiant la préservation des sols et des ressources naturelles, passage obligé à une agriculture durable.

Logo officiel de

Logo officiel de
l'Agriculture Biologique

Les produits commercialisés sous le label AB dans l'union européenne doivent obligatoirement renfermer au moins 95% d'ingrédients d'origine biologique, une condition qui n'est pas toujours aisée à respecter lorsqu'on a à l'esprit qu'en France, 97% des cours d'eau sont contaminés par des pesticidespesticides. Le logo Agriculture Biologique Européen garantit en outre que les produits commercialisés ont passé avec succès l'inspection de la commission européenne et qu'ils proviennent directement, sous emballage scellé, du producteur ou du préparateur. La traçabilitétraçabilité est aussi garantie par l'apposition, sur l'étiquette de marque, du nom d'origine (producteur, préparateur ou vendeur), ainsi que du nom et du numéro d'agrégation de l'organisme d'inspection.

On le voit, une réglementation aussi complexe, même si elle n'exclut pas totalement la fraude - ce qui est en pratique impossible - offre suffisamment de garanties pour attirer le consommateur soucieux de sa santé... et de celle des autres.

Logo officiel <em>Agriculture </em><em>Biologique Européen</em>

Logo officiel Agriculture Biologique Européen

Comment acheter ?

Les fruits et légumes importés hors saisonsaison (comme les horribles fraises espagnoles disponibles presque toute l'année) se reconnaissent à deux signes infaillibles. Leur goût, ou plutôt un manque de goût résultant d'un manque de maturité (fruits récoltés avant mûrissement), et leur empreinte environnementale. En effet, leur transport par voie aérienne rejette de 10 à 20 fois plus de CO2 dans l'atmosphèreatmosphère que les mêmes fruits et légumes cultivés à portée d'autoroute... Ce chiffre peut encore être revu à la hausse si cueillette, traitement (écossage ou épluchage par exemple) et conditionnement sont réalisés en plusieurs endroits différents éloignés de plusieurs milliers de kilomètres.

Stop aux transports de marchandises inutiles et coûteux ... Source <em>Commons</em>

Stop aux transports de marchandises inutiles et coûteux ... Source Commons

La solution existe pourtant, et ne cesse d'être recommandée aussi bien par l'AdemeAdeme (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) que par les associations de consommateurs, qui soulignent l'avantage multiple de ne manger que des fruits et légumes de saison et même, si possible, en privilégiant les productions locales. Au passage, on pourra ainsi redécouvrir, voire quelquefois découvrir, leur véritable goût...

Que consommer ?

La consommation de viande a bondi depuis la première moitié du siècle dernier, où elle était encore considérée comme un luxe. Il sortirait du cadre de cet article de décrire les effets d'une surconsommation, mais quelques chiffres sont à même d'appeler à la réflexion.

Il est aujourd'hui estimé que la production d'un kilogrammekilogramme de viande de veau rejette dans l'atmosphère, lors d'étapes successives, la même quantité de gaz à effet de serregaz à effet de serre (GES) qu'un trajet de 220 kilomètres en voiturevoiture de moyenne cylindrée. D'autre part, de récents calculs démontrent que 25% des émissionsémissions de méthane (gaz à effet de serre 23 fois plus efficace que le CO2) proviennent directement des rejets par les ruminants (vachesvaches, chèvres, moutons...). Le poissonpoisson n'échappe pas à la critique, puisque la FAOFAO (en français, Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) estime qu'à l'heure actuelle, la moitié des élevages marins sont à la limite de la surproduction. Il existe cependant du saumonsaumon issu de pisciculturespiscicultures biologiques.

Tournesol. Source <em>Commons</em>

Tournesol. Source Commons

Il n'est pas toujours possible d'acheter uniquement des produits locaux. Et café, cacaocacao, fruits exotiquesexotiques ne doivent pas nécessairement être bannis de notre table... Les produits du commerce équitablecommerce équitable se présentent comme une solution valable, garantissant à la fois une rétribution plus juste que celle du marché mondial. De plus, plusieurs produits du commerce équitable sont à présent vendus sous le label AB et leur proportion a tendance à augmenter.

Dans le même ordre d'idée, la consommation d'eau minéraleeau minérale, qui ne présente pas de réel avantage pour la santé (beaucoup étant trop chargées en sels ou autres minérauxminéraux), s'avère grande génératrice de déchets plastiquesplastiques, surtout depuis le quasi abandon des bouteilles en verre. Là, plusieurs solutions existent, comme consommer l'eau du robinet (après l'avoir aérée dans les zones n'ayant pas encore abandonné le traitement au chlorechlore), ou acheter l'eau en conditionnement plus important (5 ou 10 litres). La nature vous dira merci... de même que vos petits-enfants.