Comment expliquer l’hécatombe constatée chez les abeilles depuis le milieu des années 1980 ? Pesticides ? Parasitisme ? Atteintes à l'environnement ? Chacun y va de son explication. Une équipe française fait le point : plus de quarante facteurs sont en cause...
Cela vous intéressera aussi

L'Agence française de sécurité sanitaire des alimentsAgence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a décidé d'en savoir plus sur l'énigmatique surmortalité des abeilles constatée depuis le milieu des années 1980, avec des taux atteignant 30 à 35% en France, tandis que 9 des 13 états européens interrogés déclarent une mortalité supérieure à 10% dans leurs populations apicoles.

L'Agence vient d'en publier les résultats dans un rapport, sous le titre « Mortalités, effondrementseffondrements et affaiblissements des colonies d'abeilles », qui désigne cinq catégories de responsables et une quarantaine de causes distinctes.

La place de choix revient aux agents biologiques, c'est-à- dire les divers prédateurs, parasitesparasites, champignonschampignons, bactériesbactéries, virusvirus. Et en particulier au Varroa destructor, un acarienacarien parasite provoquant la varroase. Celui-ci, autrefois spécifique à l'abeille asiatique (Apis cerana) avec laquelle il vit en équilibre et sans préjudice dommageable, a maintenant étendu son champ d'action à l'abeille domestique Apis mellifera, qui elle ne le supporte pas.

Pondu par la femelle dans le couvaincouvain, l'acarien croît avec son hôtehôte en se fixant sur son dosdos, où il est visible à l'œilœil nu (il mesure 1 à 1,2 mm). Cet ectoparasite affaiblit l'abeille domestique par des injections toxiques et provoque un stressstress important parmi la colonie.

Pierre Testud, du réseau BiodiversitéBiodiversité pour les abeilles, se réjouit de voir le varroa spécifiquement désigné, car il est une des causes principales de mortalité, alors qu’un traitement existe mais n'est appliqué que par un apiculteur sur quatre.


Le traitement des ruches contre la varroase est extrêmement simple, comme le montre cette vidéo d'un apiculteur français

Les agents chimiques sont aussi pointés du doigt par les auteurs du rapport, rappelant que plus de 5.000 produits phytopharmaceutiquesproduits phytopharmaceutiques sont aujourd'hui commercialisés. Mais ils expliquent que « le rôle exact d'une exposition chronique à ces produits n'a pu être déterminée », ni leur rôle exact sur les populations apicoles.

La dégradation de l'environnement, ainsi que la perte de biodiversité induite par l'agricultureagriculture intensive entre aussi pour une part importante dans la surmortalité en privant les abeilles de plantes à butiner.

L'Afssa émet en conséquence plusieurs recommandations, dont la mise en place d'un réseau de surveillance des maladies atteignant les abeilles, alors qu'actuellement, selon les chercheurs, « il n'existe même pas de carte de France des pathologies ». Elle souhaite aussi la création d'un institut technique apicole regroupant les professionnels du miel. Celui-ci favoriserait le dialogue entre apiculteurs, agriculteurs et même industriels pharmaceutiques, et permettrait l'instigation de plans d'action de préventionprévention.