Une étude de 2016 montrait que la Lune influence — un peu — la pluviosité. Son attraction contribue aux marées, bien sûr, mais modifie aussi les mouvements des masses d'air. Pas suffisant pour prédire le temps, cependant...
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Article paru le 8 févirer 2016

Les dictons populaires en ce qui concerne la météorologiemétéorologie sont-ils le reflet d'une sagesse ancestrale basée sur l'observation ou celui des biais cognitifs naturels de l'esprit humain ayant mené à des illusions aussi tenaces que l'astrologie ? Si l'on en croit par exemple une des pages du Laboratoire de météorologie dynamique (LMD) associé à l'École polytechnique à Palaiseau, à l'École normale supérieure et à l'université Pierre et Marie CurieMarie Curie à Paris : « la LuneLune n'a pas, sauf à des échéances très longues, d'influence significative sur la météorologie ou le climatclimat. L'affirmation, souvent entendue, suivant laquelle les changements de temps coïncideraient avec les changements de phase de la Lune, est facilement contredite par le fait que les seconds sont synchronessynchrones sur toute la TerreTerre, tandis que les premiers ne le sont pas. On pourrait concevoir que les maréesmarées, principalement dues à la Lune, ou l'augmentation de rayonnement pendant les périodes de pleine Lunepleine Lune, puissent influencer la météorologie. Sauf peut-être en ce qui concerne les marées (et uniquement au voisinage des côtes), aucune influence de ce genre n'a été observée ».

Ce constat n'est que très partiellement contredit par un article publié dans Geophysical Research Letters par des membres de la New University of Washington. Selon eux, les forces de maréeforces de marée de la Lune, déformant aussi bien la surface des océans que celle des continents, provoquent également une très faible diminution des pluies au niveau des renflements de l'atmosphèreatmosphère qui se transforme en ellipsoïde à cause de la gravitégravité.

Ce qui est incontestable, et qui est connu depuis au moins le XIXe siècle, c'est que la Lune déforme effectivement l'atmosphère comme les océans. De ce point de vue, en raison de l'existence de ces forces de marée, des ondes peuvent apparaître dans l'atmosphère qui peut se comporter comme un oscillateur harmonique, l'équivalent d'un poids oscillant au bout d'un ressort, comme l'expliquait dans son cours de physique le prix Nobel Richard Feynman. Des quantités comme la pressionpression, la température et la densité de l'air peuvent donc varier, osciller au cours du temps comme le ferait la hauteur de la surface des océans en réponse à des vaguesvagues ou aux forces de marée.

Ces courbes montrent les corrélations entre l’amplitude des marées en haut et la pluviosité en bas, en fonction des longitudes par rapport à l’est de la position de la Lune relativement à la Terre. © <em>University of Washington</em>

Ces courbes montrent les corrélations entre l’amplitude des marées en haut et la pluviosité en bas, en fonction des longitudes par rapport à l’est de la position de la Lune relativement à la Terre. © University of Washington

Des oscillations de la pluviosité à l’échelle du micron par heure

De fait, dès 1847, les changements de la pression atmosphériquepression atmosphérique en fonction de la position relative de la Lune ont été mis en évidence, de même en 1932, pour la température. Il n'est pas difficile d'en comprendre l'origine. À des points antipodaux, dans les « lobes » de l'ellipsoïde que devient l'atmosphère du fait de la gravité de la Lune, la hauteur de l'atmosphère est plus élevée et, donc, contient davantage de matièrematière, ce qui élève la pression. Or, une pression plus grande se traduit également par une augmentation de température. De plus, la capacité de l'air à contenir de l'eau sous forme de vapeur, et donc l'humidité, augmente également, ce qui va raréfier les pluies.

On a pu tester cette hypothèse. En utilisant 15 ans de données collectées par la Nasa et la Jaxa concernant notamment des informations satellitaires sur les pluies tropicales entre 1998 et 2012, les chercheurs ont pu établir un lien entre des oscillations de la pression atmosphérique et l'importance des précipitationsprécipitations. On peut le voir dans une bande tropicale entre 10° de latitudeslatitudes nord et sud.

Mais autant le dire tout de suite, les différences de pluviosité mises en évidence sont de 0,78 micronmicron par heure pour les oscillations résultantes. Même si, au total, on constate un écart de 1 % entre les valeurs de la pluviosité cela n'est pas suffisant pour affecter sensiblement la météorologie locale et personne ne peut vraiment s'en apercevoir.

En d'autres termes, comme le dit clairement l'un des auteurs de cette découverte, le météorologiste Tsubasa Kohyama : « Personne ne devrait sortir avec un parapluie juste parce que la Lune se lève ».