Le bloc de glace s'est effondré lors d'une journée marquée par des températures anormalement élevées en Antarctique. © Stéphane, Adobe Stock
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L'effondrement de cette barrière de glace en Antarctique préoccupe les scientifiques

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En Antarctique, un bloc de glace grand comme les villes de Los Angeles ou Rome s'est détaché lors d'une journée marquée par des températures anormalement élevées. Il s'agit de l'un des plus importants effondrements de barrière de glace depuis 20 ans.

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Une barrière de glace de 1.200 kilomètres carrés s'est effondrée le 15 mars dernier en Antarctique de l'Est, au tout début d'une vague de chaleur exceptionnelle sur le continent.

Une chaleur record enregistrée le jour de l'effondrement

Entre le 15 et le 20 mars dernier, l'Antarctique a en effet connu des températures supérieures de 30 à 40 °C aux moyennes de saison. Sur certaines zones situées en montagne, des records absolus de chaleur ont été enregistrés : le 18 mars dernier, la station de Concordia, située à 3.234 mètres d'altitude, a enregistré -12,2 °C, soit près de 40 °C au-dessus des moyennes saisonnières. Il s'agit de la température la plus élevée enregistrée là-bas, tous mois confondus. Certaines zones côtières ont connu des températures positives alors qu'à cette époque, les températures sont censées chuter, puisque le pôle Sud entre dans l'automne.

L'effondrement de la barrière de glace Conger s'est produit le 15 mars, le premier jour de cette période de chaleur, mais les scientifiques ont observé les premiers signes d'affaiblissement entre le 5 et le 7 mars grâce aux données satellites. Il est donc probable que la chaleur inhabituelle ait précipité l'effondrement du bloc de glace déjà fragilisé. Si des blocs de glace se détachent régulièrement, et naturellement, en Antarctique, celui-ci est considéré comme l'un des effondrements les plus importants depuis plus de 20 ans. La station météo la plus proche de la zone d'effondrement, Casey, est située à 300 kilomètres et elle a enregistré le 15 mars une température de 5,6 °C. Il s'agit d'un nouveau record, battant le précédent de mars 2021 (4,1 °C).

L'est de l'Antarctique semblait jusqu'à présent protégé du réchauffement climatique

Plus que la taille du bloc de glace qui s'est détaché, c'est sa localisation sur le continent qui est davantage préoccupante. La plateforme Conger est située en Antarctique de l'est, une zone que les glaciologues jugeaient moins touchée par le changement climatique jusqu'à il y a peu. L'est de l'Antarctique est en effet réputé beaucoup plus stable que l'ouest, zone dans laquelle les effondrements sont courants et la perte de glace en accélération depuis 50 ans. La plateforme Conger a commencé à rétrécir depuis les années 1970, et a montré des signes de désintégration plus frappants ces 10 dernières années.

L'effondrement d'un bloc aussi gigantesque aura-t-il des conséquences ? Pas d'effet notable, pour le moment, mais les barrières de glace aident à stabiliser la calotte glaciaire. « Il s'agit de masses flottantes d'eau gelée qui prolongent les glaciers assis sur le continent. La disparition d'une plateforme n'élève pas directement le niveau de la mer puisqu'elle flotte déjà sur l'océan mais elle le fait de manière secondaire en provoquant l'accélération de l'écoulement des glaciers en amont. Le rôle de ces contreforts est donc primordial pour stabiliser la calotte glaciaire de l'Antarctique qui, elle, repose sur la terre ferme », précise Global Climat.

Précisons que l'étendue de la glace en Antarctique au cours du mois de février est la plus basse jamais enregistrée, avec 29,6 % en dessous de la moyenne.

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