Le pôle Nord et le pôle Sud sont confrontés à des températures anormalement élevées en décembre. © Goinyk, Adobe Stock
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Surchauffe de l'Antarctique et de l'Arctique en décembre

Après avoir connu l'un de ses hivers les plus froids depuis le début des relevés météo, l'Antarctique est actuellement confronté à des températures extrêmement élevées, jusqu'à 20 °C au-dessus des moyennes de saison. Les mêmes anomalies de chaleur concernent l'autre pôle, du côté de l'Arctique, avec jusqu'à 30 °C de plus que les moyennes saisonnières.

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L'Antarctique est connu pour son climat glacial : c'est dans cette région que l'on enregistre les températures les plus basses du monde, avec -89,2 °C relevé à Vostok le 21 juillet 1983, et jusqu'à -93,2 °C estimé par un satellite de la Nasa le 10 août 2010. Situé dans l'hémisphère sud, l'Antarctique est en pleine période estivale, d'octobre à février. À cette époque, la lumière du jour est omniprésente et le soleil ne se couche pas au 21 décembre. Ce phénomène s'appelle le Soleil de minuit. C'est donc à cette période de l'année que la zone connaît ses températures les plus élevées de l'année, avec un maximum en janvier et février : de -10 à -30 °C en moyenne, parfois jusqu'à 0 °C et même plus.

Mi-décembre dernier, un pic de « chaleur » s'est produit avec des températures supérieures aux moyennes de saison de 15 à 20 °C localement.

En orange et en rouge, les zones aux anomalies de températures les plus élevées, dont l'Antarctique avec 20 °C de plus que les moyennes le 15 décembre 2021. © Climate Reanalyzer

L'anomalie de température est moins marquante ces derniers jours, mais on a tout de même relevé -20 à -22 °C au meilleur de la journée à Vostok, l'une des zones les plus froides, soit 7 °C au-dessus des moyennes de saison. De manière générale, les températures actuelles se situent de 6 à 15 °C au-dessus des moyennes de saison. Les températures les plus anormalement élevées sont actuellement relevées au sud de l'Antarctique, tandis que le nord de la région, près de l'océan, bénéficie de températures conformes aux normales de saison.

Rappelons que l'année dernière, l'été avait été historique en Antarctique, avec une température record de 18,3 °C enregistrée à Esperanza le 6 février 2020.

Du côté de l'Arctique, en plein hiver, le constat est le même ces jours-ci. À cette époque, les températures moyennes oscillent généralement de -20 à -40 °C dans cette région du globe. Au Groenland, les écarts de température sont actuellement remarquables, de l'ordre de 20 à 30 °C au-dessus des moyennes de saison. À Nuuk, la capitale, on a enregistré 13 °C le 20 décembre dernier, contre une température moyenne de -5,3 °C. À Qaanaaq, dans le nord du Groenland, on a relevé 8,3 °C, contre une moyenne de -20,1 °C. La faute à un « coup de Foehn », la persistance d'un vent sec et chaud pendant plusieurs jours.

En haut, en rouge, les anomalies de température pour l'Arctique prévues le 25 décembre, avec 20 à 30 °C de plus que les moyennes de saison. © Climate Reanalyzer

L'hiver 2021 avait été glacial en Antarctique

Le climat de cette année 2021 réserve décidément des surprises en Antarctique : l'hiver 2021 (de juin à septembre) a été l'un des plus glacials jamais relevés. Pendant que le pôle Nord enregistrait l'un des plus petits records d'extension de la banquise, c'est le contraire qui s'est produit au pôle Sud : selon le British Antarctic Survey, les températures de l'hiver 2021 ont été les plus basses depuis plus de 60 ans, en raison d'un vortex polaire particulièrement vaste et intense. Selon le National Snow and Ice Data Center américain, la température moyenne de l'hiver a été 3,4 °C inférieure à la moyenne de 1981 à 2010, avec une température à l'échelle de la région de -62,9 °C. Le froid le plus extrême a été relevé à Vostok avec -79,4 °C le 30 septembre 2021.

Comme convenu par la communauté scientifique, le changement climatique semble donc amplifier les extrêmes climatiques et les situations de « blocage » météo mènent à des épisodes de chaleur intense ou de froid extrême. Un constat qui se vérifie déjà particulièrement sur les régions aux conditions météo déjà extrêmes par définition, comme l'Antarctique et l'Arctique.   

 

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