Tech

Robots : les créatures artificielles androïdes

Dossier - Robots et avatars
DossierClassé sous :robotique , robot , robots

Des robots de Capek au Terminator de Cameron, de l'ordinateur paranoïaque de Kubrick à l'agent Smith de Matrix, les créatures artificielles ont toujours peuplé notre imaginaire. Depuis près de 2.000 ans, l’Homme tente de recréer la vie sous la forme d’automates, de robots, d'avatars et, plus récemment, de créatures virtuelles.

  
DossiersRobots et avatars
 

Il existe une très grande diversité de robots. Ainsi, presque toutes les morphologies animales ont donné lieu à la réalisation d'un automate ou d'un robot. Nous restreindrons volontairement ici notre discours aux plus fantasmatiques d'entre elles, c'est-à-dire les androïdes. Cela ne signifie pas que les autres formes soient inintéressantes ou inutiles, loin s'en faut, mais il faut bien reconnaître que la volonté de créer des humains artificiels a toujours été au premier plan de l'imaginaire et de la recherche.

Plusieurs projets de robots humanoïdes ont été menés. On retiendra les plus marquants :Asimode Honda, ou encore le robot domestiqueWakamarude Mitsubishi. La robotique domestique a donné naissance à ladomotique, dont le premier succès fut... un aspirateur, leRoomba.

Robot Asimo de chez Honda. © Vanillase CC by-sa 3.0

Pour le grand public, la notion de « robot » englobe généralement toutes les créatures artificielles, quelle que soit leur nature ou leur forme. Pourtant, il existe une grande diversité de genres : automates, robots, avatars, clones, cyborgs, etc.

L'androïde est sans doute le type de robot le plus complexe sur le plan mécanique. Futura-Sciences a interrogé Jean-Claude Heudin, directeur du laboratoire de recherche de l’IIM (institut de l’Internet et du multimédia) afin de comprendre pourquoi il incarne le pinacle de la robotique. © Futura

Ces termes sont parfois utilisés à tort ou bien par extension pour englober ce que l'on croit être une créature artificielle. Dans cette première partie, nous allons essayer de préciser ces termes sous la forme d'une typologie simple. Une remarque s'impose alors : la réalité est évidemment plus complexe. Il n'est pas rare en effet, qu'une créature artificielle relève de plusieurs catégories, les limites entre elles n'étant pas étanches.

Nexi, développé au MIT Media Lab., est un robot capable d'exprimer les principales émotions grâce aux parties mobiles de son visage. © J.-C. Heudin

Androïdes matériels : robots, mecha, cyborgs, clones…

Une première approche consiste à distinguer les créatures androïdes qui sont réalisées sous une forme matérielle et celles, qualifiées de virtuelles, qui existent sous une forme de programme dans la mémoire d'un ordinateur. On peut dénombrer six grandes formes de créatures artificielles « matérielles » en fonction du type de matériaux, des technologies employées, mais aussi des époques auxquelles elles ont été conçues :

  • les statues vivantes sont les plus anciennes tentatives pour reproduire artificiellement l'être humain. Des statues animées égyptiennes aux marbres grecs antiques, elles ont considérablement influencé l'histoire des créatures artificielles ;
  • avec l'avènement de la mécanique horlogère, les automates sont devenus progressivement le modèle du vivant. Débarrassés de la nécessité d'un intermédiaire humain pour se mouvoir, leurs comportements sont restés néanmoins limités à des séquences immuables jusqu'au début du XXe siècle ;
  • les robots ont naturellement succédé aux automates. Contrairement à ces derniers, ils sont « situés » dans leur environnement. En d'autres termes, ils sont capables d'interagir avec lui et d'adapter leurs comportements en conséquence ;
  • le mecha représente une forme d'androïde spécifique au Pays du Soleil Levant. Il s'agit dans la plupart des cas d'une sorte d'armure géante contrôlée par un humain qui se trouve à l'intérieur ;
  • les cyborgs représentent une autre forme hybride contemporaine qui mêle intimement l'organique et la machine. Il peut s'agir d'un robot auquel a été adjointe une enveloppe organique ou bien d'un homme « réparé » ou « augmenté » grâce à des prothèses technologiques ;
  • les clones correspondent aux êtres organiques reproduits par clonages. Ils peuvent également être modifiés génétiquement.
Nao est le robot créé par la société française Aldebaran Robotics. Celle-ci a ensuite été rachetée par le japonais SoftBank. © Aldebaran Robotics/Photographie J.-C. Heudin

Créatures virtuelles : intelligences artificielles, avatars et ghosts

Les créatures ayant une incarnation matérielle sont les plus connues, mais les plus répandues sont en fait les « créatures virtuelles ». Avec le développement des supports numériques, en particulier du jeu vidéo et surtout d'Internet, elles ont en effet quasiment envahi notre quotidien. Elles peuvent être regroupées en trois grandes catégories :

  • les intelligences artificielles sont les plus anciennes formes de créatures virtuelles. Ce sont des entités algorithmiques autonomes capables de reproduire certaines des fonctions essentielles du cerveau humain (raisonnement, calcul, apprentissage, mémoire, émotions, etc.) ;
  • les avatars correspondent aux représentations graphiques des créatures virtuelles ou réelles. Ils vont d'une simple icône en deux dimensions aux humains virtuels hyperréalistes en trois dimensions ;
  • les ghosts sont des entités algorithmiques ou des structures mémorielles qui rassemblent les « traces numériques » et les souvenirs d'une personne, qu'elle soit vivante ou bien décédée.

Cette typologie montre que le domaine des créatures androïdes est bien plus complexe qu'il n'y paraît à première vue, chaque catégorie regroupant un nombre important de problématiques de recherche. Le lecteur désireux d'approfondir le sujet pourra se référer aux ouvrages cités à la fin de ce dossier.

Cet oracle futuriste est l’un des tous premiers avatars 3D. Il a été créé dans le cadre du projet Eva par les étudiants de l’institut international de Multimédia en 2007. © IIM