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[EN VIDÉO] Les cryptomonnaies, comment ça fonctionne ? Comme le Bitcoin, il existe aujourd’hui plus de 6.000 cryptomonnaies dans le monde. Ces monnaies sont basées sur la technologie blockchain.

On désigne sous le nom de baleines ceux qui détiennent les plus gros portefeuilles de cryptomonnaies. Leur influence est immense, d’une ampleur presque déraisonnable, mais néanmoins inévitable. Dans l’univers de la cryptomonnaie, le terme baleine (whale, en anglais) désigne un individu ou une société qui détient un avoir extrêmement important d’une cryptomonnaie. Le terme est issu de l’univers boursier. L’analogie vient de ce que lorsque les baleines évoluent dans l’océan, elles engendrent de larges vagues à même d’entraîner les plus petits poissons.

Les principales baleines

Dans l’univers du bitcoin, on considère que la possession de plus de 1 000 BTC suffit à caractériser une baleine. Cela implique qu’il y en aurait environ 2 500 dans le monde. Ainsi, l’État du Salvador, qui en détient 2 300, figure dans le lot. On ignore l’identité de la plupart de ces baleines puisque les adresses des détenteurs de wallets (portefeuilles) sont le plus souvent anonymes.

Historiquement, Satoshi Nakamoto, le créateur officiel du bitcoin – mais inconnu dans le réel – serait la plus grande baleine existante, car il détient plus de 1 million de BTC (bitcoin) originels qu’il n’a jamais vendus. Sur le papier, cela ferait de lui un multimilliardaire et même l’un des hommes les plus riches du monde.

Parmi les individus détenant d’énormes quantités de BTC figurent les frères Cameron et Tyler Winklevoss. Pour mémoire, ces jumeaux champions d’aviron affirment qu’ils auraient été à l’origine du projet Facebook ou du moins qu’ils en auraient donné l’idée à Mark Zuckerberg – cette histoire a été relatée dans le film The Social Network. Un procès a démarré à la fin 2004 et a débouché sur un accord à l’amiable en février 2009. Les deux frères sont repartis avec plus de 20 millions de dollars et un portefeuille d’actions Facebook d’une valeur de 10 millions de dollars. Or, en 2013, les Winklevoss ont fait preuve de jugeote en investissant une partie de ce magot dans le bitcoin, achetant 78 000 BTC – alors que cette cryptomonnaie valait 141 dollars.

L’outil Etherscan permet à tout un chacun de consulter les activités de la blockchain Ethereum et il donne notamment accès aux comptes détenant le plus de ETH. Comme on peut le voir ici, les <em>exchanges</em> (places de marché) Kraken et Binance figurent parmi les baleines du lot. © etherscan
L’outil Etherscan permet à tout un chacun de consulter les activités de la blockchain Ethereum et il donne notamment accès aux comptes détenant le plus de ETH. Comme on peut le voir ici, les exchanges (places de marché) Kraken et Binance figurent parmi les baleines du lot. © etherscan

Autre baleine, l’investisseur en capital-risque Tim Draper a acquis 29 656 BTC en 2014 – alors que son cours se situait à 632 dollars. Barry Silbert a, pour sa part, acquis 48 000 BTC au même moment et a créé un fonds d’investissement, le Digital Currency Group. Michael Saylor, P.-D.G. de l’édition de logiciels MicroStrategy détient, quant à lui, 130 000 BTC. Enfin, les principales places de marché de cryptomonnaies, notamment Binance, et Kraken sont par nature de gros détenteurs de cryptomonnaies.

L’effet des baleines

L’effet des baleines sur le marché est indéniable. Il suffit qu’une baleine effectue des achats ou ventes majeurs, pour que cela affecte fortement le cours d’une monnaie.

Par exemple, si une baleine place un ordre de vente massif de ses BTC, ETH, SOL ou autres, cela suffit souvent à faire chuter le cours de cette monnaie. Il arrive que la baleine agisse intentionnellement : une fois que le prix a suffisamment baissé, elle peut acheter à nouveau en masse des BTC, ETH ou autres.

On est bien loin de la vision libertaire et idéaliste que pouvaient entretenir ceux qui ont été à l’origine de Bitcoin

En janvier 2021, Elon Musk a annoncé que Tesla avait acheté pour 1,5 milliard de dollars de BTC. Il s’est ensuivi une hausse spectaculaire du cours de cette cryptomonnaie. Et puis, en juillet de la même année, Musk a finalement revendu 75 % de ses BTC, contribuant ainsi à faire chuter le cours. Dans un même ordre d’idée, lorsque Musk a annoncé qu’il soutenait la cryptomonnaie Doge, cette monnaie alors secondaire a vu son cours s’envoler.

Watcher Guru suit à la trace les achats et ventes importants de cryptomonnaies de la part des baleines. © Watcher Guru
Watcher Guru suit à la trace les achats et ventes importants de cryptomonnaies de la part des baleines. © Watcher Guru

C’est la raison pour laquelle certains spéculateurs traquent l’activité des gros portefeuilles – même s’ils sont anonymes, il est aisé de les repérer dans l’univers crypto – afin de « singer » leurs comportements. Des sites tels que Watcher Guru ou WhaleMap ou encore le compte Twitter Whale Alert suivent à la trace ces méga-détendeurs de cryptomonnaies.

Une poignée de détenteurs au pouvoir démesuré

Le fait que quelque 2 500 baleines puissent détenir l’essentiel des avoirs en BTC n’est pas sans poser problème. Ainsi, en novembre 2020, une étude de Bloomberg a fait ressortir que 2 % des comptes Bitcoin contrôlaient 95 % des avoirs en BTC. Qu’une monnaie puisse voir son cours évoluer au gré des tweets de Elon Musk, et autres gros poissons, est bien loin de la vision libertaire et idéaliste que pouvaient entretenir ceux qui ont été à l’origine de Bitcoin.

Le site Whalemap suit les mouvements globaux des portefeuilles des baleines. © Whalemap
Le site Whalemap suit les mouvements globaux des portefeuilles des baleines. © Whalemap