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Curie, le supercalculateur de Bull à 2 pétaflops, bientôt en service

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Avant Curie, Bull avait déjà conçu le premier supercalculateur français avec le Tera-100 installé au CEA. Il sert à réaliser de la simulation militaire nucléaire pour l'armée française. © Bull

Avec ses 92.000 cœurs, le supercalculateur Curie atteint une puissance de calcul de 2 pétaflops. Installé au TGCC du CEA, il voisinera un autre champion, Tera-100, mais lui servira à des projets de recherche français et européens, notamment dans les domaines de la climatologie, des sciences de la vie et de l'astrophysique.

J-7 pour l'entrée en service du supercalculateur Curie, qui représente un outil de travail précieux pour les scientifiques français et européens. Il a été conçu par Bull et financé par le Genci (Grand équipement national de calcul intensif), une société civile détenue à 49 % par l'État, par le CEA (20 %), le CNRS (20 %), les universités (10 %) et l'Inria (1 %). Cet ordinateur est installé près de Paris, Bruyères-le-Châtel, dans le TGCC, c'est-à-dire le Très Grand Centre de calcul. L'endroit compte déjà une vedette : le Tera-100. Avec plus d'un pétaflop, il est pour l'instant le supercalculateur le plus puissant d'Europe mais reste uniquement dédié aux besoins militaires et plus précisément aux simulations de l'arme atomique.

Curie, avec ses 2 pétaflops, le battra en puissance et, comme l'indique son nom de baptême, qui rend hommage aux Curie et Joliot-Curie, cet ordinateur servira à la recherche scientifique.

L'investissement est de 100 millions d'euros sur cinq ans. « Curie réunit des moyens de calcul ultraperformants avec plus de 92.000 cœurs de calcul pour une puissance crête totale de plus de 2 pétaflops », a expliqué Bull à Futura-Sciences. L'architecture processeur se compose de 3 nœuds de calcul :

  • des nœuds larges disposant d'un nombre élevé de cœurs de calcul et d'une grande taille mémoire locale ;
  • des nœuds hybrides qui intègrent des accélérateurs (GPU) ;
  • des nœuds fins basés sur la dernière génération de processeurs Intel Xeon.

Le refroidissement du supercalculateur est assuré par un système de portes à eau qui offre d'après Bull une très forte densité et une moindre consommation d'énergie.

Supercalculateur Curie : une vitesse de 250 Go/s

Le supercalculateur Curie se distingue par la taille de sa mémoire vive : 360 téraoctets ! Le Genci insiste plutôt sur la combinaison de cette puissance avec une capacité de stockage de 15 pétaoctets, « l'équivalent de 7.600 ans de fichiers MP3, à une vitesse de 250 Go par seconde, 100.000 fois supérieure à celle d'une connexion ADSL très haut débit », indique le communiqué de presse.

« La combinaison calcul-stockage permet d'envisager des simulations de très grande taille, multiéchelles et multiparamètres, et qui seront beaucoup plus précises et plus réalistes que celles obtenues aujourd'hui sur d'autres supercalculateurs », nous a précisé une porte-parole du Genci.

Le supercalculateur Curie a été installé au CEA dans son Très Grand Centre de calcul (TGCC) à Bruyères‐le‐Châtel, dans l’Essonne. © CEA/CADAM

Installé au CEA, le supercalculateur Curie sera mis à la disposition des chercheurs français et européens pour les aider dans des domaines réclamant une très grande puissance de calcul comme « la climatologie pour modéliser très finement les climats (passé, présent et futur), les sciences de la vie pour aller à l'échelle des processus chimiques élémentaires dans les systèmes moléculaires, l'astrophysique pour prendre en compte l'univers dans son ensemble ».

Curie achève sa phase de test, dite de « grands challenges », au cours de laquelle ses capacités de calcul sont évaluées avec des simulations de très grande taille qui sollicitent la « quasi-totalité » de ses composants. D'après le Genci, ces tests ont déjà donné des résultats inédits, notamment pour les recherches sur la maladie d’Alzheimer menées par le laboratoire de chimie et physique quantiques du CNRS/université Paul Sabatier de Toulouse. « Avec la puissance de calcul de Curie, la précision nécessaire aux explorations à l'échelle des processus chimiques élémentaires à l'œuvre dans les systèmes moléculaires complexes de la vie est maintenant accessible », explique Michel Cafarel, directeur de recherche au CNRS à l'université Paul Sabatier.

Autre performance rendue possible grâce au supercalculateur français, l'Observatoire de Paris réalise une simulation pour comprendre l'évolution de l’univers depuis le Big Bang, qui sera « 10 fois plus réaliste que celles actuellement effectuées aux États-Unis et en Corée du Sud ». Curie entrera officiellement en service le 1er mars.

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