Unéole veut produire un maximum d'énergie mixte en ville (éolien et photovoltaïque). © Unéole
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L’éolien arrive en ville en complément du photovoltaïque avec Unéole

ActualitéClassé sous :Jeunes Pousses , Consommation d'énergie , installation de panneaux photovoltaïques

Selon l'ONU, 68 % de la population mondiale vivra en zone urbaine d'ici 2050. Les enjeux énergétiques imposent donc de trouver des solutions pour une ville durable. La production d'énergie mixte par exemple entre éolien et photovoltaïque, comme l'explique Louis Dubar, ingénieur commercial pour Unéole.

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[EN VIDÉO] L'incroyable construction d'une éolienne en time-lapse  L’éolien fait partie des énergies renouvelables, il y a donc fort à parier que le parc va se développer au cours des prochaines années. L'assemblage d'une éolienne est long et souligne à quel point ces structures sont un bijou technologique, comme on peut le voir durant cette vidéo. 

Les énergies renouvelables sont appelées à devenir indispensables dans l'habitat de demain. Louis Dubar répond aux questions de Futura sur le projet d'énergie mixte Unéole dans les zones urbaines.

Futura : Pouvez-vous expliquer votre concept à ma grand-mère ?

Louis Dubar  : Unéole propose d'ajouter sur les toitures plates des bâtiments des villes un dispositif de production d'énergie renouvelable mixte, à l'aide de la lumière avec le photovoltaïque et du vent avec l'éolien. Contrairement à la concurrence, nous sommes les seuls à penser à une solution en 3D, avec un étage dédié pour optimiser la production énergétique et construire au final la ville durable de demain.

Louis Dubar. © Jade Janiw

Futura : Quelle est votre solution ?

Louis Dubar : Notre expertise va de la conception à l'installation. Nous avons mis en place en effet en amont un bureau d'études qui analyse les gisements éoliens urbains grâce à une simulation CFD (dynamique des fluides numériques) à l'échelle d'un toit (étude du potentiel énergétique) et à l'échelle d'une ville ou d'une agglomération (étude cadastrale). Nos algorithmes spécifiques permettent d'identifier le nombre idéal d'éoliennes, de panneaux photovoltaïques, leur production individuelle et donc la rentabilité de l'ensemble du système. Nous sommes également concepteur, assembleur et installateur de nos propres modules éoliens. Nous utilisons pour cela le brevet Savonius, du nom de son inventeur finlandais qui a conçu en 1924 une éolienne à axe vertical. Contrairement à sa cousine tripale que nous voyons dans nos champs qui est basée sur le système de portance en cisaillant l'air, elle utilise la poussée du vent, donc n'émet ni bruit ni vibration, ce qui était la condition nécessaire pour un usage urbain.

Futura : Pourquoi votre start-up va-t-elle changer le monde ?

Louis Dubar : L'idée est d'arriver au plus fort taux possible d'autoproduction, voire même dans le meilleur des cas, d'en faire aussi profiter les bâtiments voisins, qui n'utiliseront donc pas des kilowattheures produits par des centrales. Notre plateforme d'énergie mixte est la solution la plus équilibrée et la plus rentable du marché, jusqu'à +40 % de production par rapport à une solution entièrement photovoltaïque. Elle est également la plus équilibrée entre les saisons, de l'hiver à l'été, et entre le jour et la nuit. Nos éoliennes sont silencieuses, sans vibration, sourcées et produites de manière locale en low-tech. L'analyse en cycle de vie (ACV), réalisée par le Cerema, nous permet d'ailleurs d'affirmer que l'éolienne Unéole est l'énergie renouvelable urbaine la moins chère en coût carbone. Les panneaux photovoltaïques et les éoliennes ont de surcroît un cycle de vie de plus en plus long, de l'ordre de 20 à 25 années, et sont de mieux en mieux recyclés.

Futura : Comment est né le projet ?

Louis Dubar : Le fondateur, Quentin Dubrulle, est riche d'une expérience en Polynésie française dans une société spécialisée dans les systèmes d'autonomie énergétique. Conscient du rôle majeur des énergies renouvelables pour notre avenir, il a voulu développer le concept à son retour en Métropole avec une idée : alors que le photovoltaïque arrivait progressivement dans les campagnes, pourquoi l’éolien ne pourrait pas être déployé dans les zones urbaines ? Unéole est née sur ce projet, qui prend d'autant plus d'intérêt actuellement avec la crise climatique mais aussi avec la hausse significative des prix de l'énergie.

Futura : Comment avez-vous été accompagné et quelles sont les prochaines étapes ?

Louis Dubar : Le projet a été incubé dès 2012 au sein de l’IMT Nord Europe avant d'être accéléré au Village by CA en 2016. Nous avons déménagé récemment pour des locaux plus en phase avec notre croissance. Nous sommes aussi actuellement en phase de levée de fonds pour développer notre proposition de plateforme d'énergie mixte. Un premier démonstrateur a été mis en place en mai 2021 sur le site LumiWatt du CD2e à Loos-en-Gohelle dans le Pas-de-Calais, lieu emblématique de l'éco-transition. Nous avons pour ambition désormais de le développer à plus grande échelle, au niveau national dans les zones venteuses de Brest, à Dunkerque, mais aussi dans la vallée du Rhône et à Marseille. Au niveau international, le couloir de vent exceptionnel entre la Bretagne et la Scandinavie présente également un potentiel très intéressant.

Dispositif expérimental d'énergie mixte Unéole au CD2E. © Sylvain Creis, Sport Drones

Futura : Si vous étiez Premier ministre, quelle mesure phare mettriez-vous en place ?

Louis Dubar : En matière énergétique, nous avons pu constater de nombreuses avancées politiques significatives, comme le Pacte vert européen qui vise la neutralité carbone à l'horizon 2050. Mais si j'étais Premier ministre j'agirais notamment en faveur du décret tertiaire issu de la loi Grenelle II qui impose aux entreprises de réaliser des économies d'énergie dans les bâtiments à usage tertiaire de plus de 1.000 m². Le dispositif est vraiment intéressant mais le texte n'aborde que le photovoltaïque et les toitures végétalisées comme sources d'énergies renouvelables, là où il faudrait l'ouvrir à toutes les innovations, dont l'éolien.

Futura : À quoi va ressembler le monde en 2050 ?

Louis Dubar : Question délicate, tant les incertitudes sont nombreuses et les enjeux importants. Je constate néanmoins que de plus en plus d'acteurs s'investissent dans les questions du développement durable avec des solutions de rupture. Il faut désormais penser local, bas carbone et renouvelable. Tout ça me rend plutôt optimiste pour changer le cours des choses et envisager d'autres scénarios possibles pour la planète à l'horizon 2050.

Futura : Quel sujet d'actualité de Futura vous a passionné ?

Louis Dubar : Le dernier que j'ai lu et qui m'a passionné est celui sur la baisse de population et la désynchronisation de l’activité des pollinisateurs  en lien avec leur résilience par rapport aux changements climatiques !

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