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Réparation de vaisselle : des marques de faits et gestes

Dossier - Archéologie lyonnaise au XVIIIe siècle, l'expertise d'un céramologue
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Plongez dans le Lyon du XVIIIe siècle au travers des tessons de céramiques et des vases découverts dans le parc Saint-Georges. Les découvertes des céramologues vous racontent la vie quotidienne des habitants au travers des objets d’époque comme si vous y étiez.

  
DossiersArchéologie lyonnaise au XVIIIe siècle, l'expertise d'un céramologue
 

Si ces objets sont très évocateurs par leur origine, leur forme et leurs décors, les traces d'utilisation ou stigmates qu'ils portent sont autant de témoignages émouvants de leur histoire. Des pots et des plats à cuire, mortiers, assiettes, bols ont été restaurés et agrafés, même totalement usés.

En général, les réparations sont réservées aux faïences les plus luxueuses. Ces restaurations sur des pièces sans doute de peu de prix par rapport aux vaisselles dites de luxe leur confèrent finalement une certaine valeur. Des faïences, probablement présentes à l'unité et utilisées pour décorer un de ces foyers modestes de Saint-Georges, ont été restaurées comme pour prolonger leur vie dans le foyer domestique, témoignant peut-être d'un certain attachement à des objets familiaux.

Des objets que l’on préserve : une fois agrafés, ces récipients brisés ont bénéficié d’une seconde vie. © Inrap

Autres stigmates de leur utilisation au quotidien, les traces laissées lors du passage dans l'âtre ou à même les braises témoignent parfois de l'aspect multifonctionnel des vaisselles de terre cuite. Les cruches ou les pichets ont été portés au feu, utilisés comme bouilloires, comme les marmites ou les pots à cuire. Des écuelles et des assiettes sont totalement noircies par des présences répétées sur le foyer afin de réchauffer leur contenu.

Un pichet (à gauche) transformé en bouilloire, une écuelle (à droite) dont on réchauffe le contenu : en témoignent ces fortes traces de suie sur le récipient utilisé près et sur le feu. © Inrap

Enfin, des objets intacts ont aussi été découverts sur le site et témoignent, à leur façon, de leur utilisation. C'est par exemple le pot de chambre que l'on vide dans la rivière et que l'on échappe par la fenêtre de la maison et que l'archéologue retrouvera sur le site mêlé aux sables de la Saône.