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Un marché de la céramique au service de la diversité

Dossier - Archéologie lyonnaise au XVIIIe siècle, l'expertise d'un céramologue
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Plongez dans le Lyon du XVIIIe siècle au travers des tessons de céramiques et des vases découverts dans le parc Saint-Georges. Les découvertes des céramologues vous racontent la vie quotidienne des habitants au travers des objets d’époque comme si vous y étiez.

  
DossiersArchéologie lyonnaise au XVIIIe siècle, l'expertise d'un céramologue
 

Si, comme on le verra plus loin, la céramique est une source d'enseignements sur les gestes de tous les jours, elle renseigne également la connaissance de la circulation vers Lyon des produits manufacturés en terre cuite.

La part des productions locales devait sans doute être majoritaire. L'étude des textes d'archives révèle la présence importante de « potiers de terre » aux portes mêmes de la ville au XVIIIe siècle. Lyon fait preuve également à cette époque d'un savoir-faire incontestable dans la production de la faïence. Des fabriques sont alors installées non loin du centre. C'est une de celles-ci, la manufacture royale de Joseph Combe dans le quartier de la Guillotière, qui fonctionna entre 1733 et 1736, qui fut fouillée par les archéologues en 1992. Les faïenciers lyonnais, tout au long du XVIIIe siècle, ont assurément contribué à équiper les intérieurs de la ville en vaisselles de tous les jours et offert aux Lyonnais les derniers modèles à la mode en termes de style.

Fragments d’Orient : les porcelaines chinoises et japonaises arrivent à Lyon sans doute par le biais du grand commerce de la Compagnie des Indes. © Inrap

Plus généralement, le marché de la vaisselle en terre cuite est dominé par les productions à pâte engobée et vernissée originaires pour une part sans doute du Val de Saône et d'autre part de la vallée du Rhône. Les vaisselles de cuisine ont bénéficié d'études pluridisciplinaires qui ont permis de déterminer des aires d'origine précises. C'est ainsi qu'arrivent dans les intérieurs lyonnais des pots divers de la Bresse, de la moyenne vallée du Rhône, du Jura et parfois de bien plus loin.

On notera par exemple quelques récipients importés ponctuellement depuis les rives de la Méditerranée, comme les assiettes dites à taches brunes fabriquées à Albisola en Ligurie.

Produits italiens à Lyon avec ces quelques assiettes ligures. © Inrap

Mais c'est surtout le dynamisme des ateliers régionaux qui participe bien sûr à la constitution du vaisselier domestique, avec l'invention de nouveaux récipients qui sont au service de la diversité. L'essor des faïences, dès le début du XVIIIe siècle, ne va pas éclipser les autres produits comme les terres vernissées qui continuent, parfois majoritairement, d'équiper les foyers. Elles constituent alors l'essentiel des objets de terre cuite et sont omniprésentes dans chaque pièce de la maison.