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Le premier satellite Galileo livré à l'ESTEC

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Le premier des deux satellites expérimentaux du système Galileo a été livré à l'ESTEC, le Centre technique de l'Agence spatiale européenne. GSTB-V2 (pour Galileo System Test Bed version2) doit y subir ses essais de qualification avant d'être transféré à Baïkonour pour être lancé par une fusée Soyouz, opérée par Starsem, en décembre 2005.

GSTB-V2/A dans une salle blanche à l'ESTEC pour subir des essais

Ces essais sont une procédure courante pour tous les satellites. Il s'agit de s'assurer du bon fonctionnement du satellite lorsqu'il sera en orbite. On vérifie également le déploiement des panneaux solaires et sa capacité à résister aux fortes contraintes exercées par le lanceur au moment du décollage et tout au long de la phase ascensionnelle. Enfin, on vérifie sa compatibilité électromagnétique.

Fabriqué par la firme britannique SSTL (Surrey Satellite Technology), GSTB-V2 est un satellite stabilisé 3 axes mesurant 1,3 m x 1,8 m x 1,65 m pour une masse d'environ 600 kg au lancement. Les deux panneaux solaires, longs de 1,74 une fois déployés fourniront la puissance électrique nécessaire au fonctionnement de la charge utile et du bus du satellite (700 watts).

Ces deux premiers satellites ne font pas partie de la constellation Galileo, le système mondial de navigation par satellite de l'Europe. Il s'agit de satellites d'essai d'une durée de vie opérationnelle d'au moins deux ans. Ils embarqueront une charge utile similaire qui se compose d'une antenne de communication, de deux horloges atomiques et d'un générateur de signaux capable de produire des signaux de type Galileo.

Ils auront pour mission principale d'émettre les signaux Galileo depuis l'espace de façon à réserver les fréquences pour le système Galileo auprès de l'Union Internationale des Télécommunications (ITU). Pour cela, ils se déplaceront sur une des orbites prévues pour la constellation. Ils mesureront les paramètres physiques de l'orbite et l'environnement particulier dans lequel la future constellation devra fonctionner et valideront les options techniques retenues pour les satellites de la constellation Galileo.

Les premiers satellites de la constellation Galileo seront lancés courant 2006 de façon à démarrer l'exploitation commerciale du système dès 2008.

Le système Galileo



Avec Galileo, développé par l'ESA en coopération avec l'Union européenne, l'Europe possédera son propre système mondial de navigation par satellite et s'affranchira des services offerts par le GPS américain qui comportent de nombreuses restrictions. Galileo fournira des services de localisation précis, sécurisés et certifiés à l'échelle du globe. Il sera placé sous le contrôle d'autorités civiles au contraire de son homologue américain, militaire lui.

Les applications attendues et à 'inventer' sont multiples : transport (circulation routière, ferroviaire, aérienne et maritime), énergie, agriculture et pêche, navigation personnelle, recherche et sauvetage, gestion de crise (inondations, catastrophes maritimes, marées noires, tremblement de terre, aide humanitaire), gestion environnementale, loisirs, économie (finance, banque, assurance), etc. Les retombées économiques prévues ces 15 prochaines années sont très importantes, avec un retour sur investissement évalué à 4.6 et la création de plus de 140 000 emplois.

Galileo sera compatible avec le GPS américain et le Glonass russe, les deux autres réseaux de satellites de radionavigation, tous deux conçus pendant la Guerre froide à des fins militaires. Galileo offrira une précision de localisation en temps réel de l'ordre du mètre, ce qu'aucun autre système public n'autorise. Il informera les utilisateurs en quelques secondes de toute défaillance de l'un des satellites. Ces caractéristiques font du projet européen un système adapté aux applications dans lesquelles la sécurité joue un rôle capital, comme le contrôle du trafic ferroviaire, la régulation de la circulation routière et le suivi des avions en phase d'atterrissage.

Galileo doit être opérationnel dès 2008. Pour cela, le système sera composé de 30 satellites (27 opérationnels et 3 en réserve). Ils seront répartis en trois orbites circulaires à une altitude de 23616 km avec un angle d'inclinaison des plans orbitaux de 56°. Les signaux de Galileo couvriront également des latitudes allant jusqu'à 75° nord et sud. Grâce au nombre élevé de satellites, à l'optimisation de la constellation et à l'existence de 3 satellites en réserve active, la perte d'un satellite n'aura pas de conséquence notable pour l'utilisateur. Les satellites en orbite seront soutenus par un réseau mondial de stations terrestres.

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