Observer dans d'autres longueurs d'onde que celles du visible a permis à l'astronomie et l'astrophysique de faire des découvertes inédites. On vient d'en avoir une nouvelle preuve avec la mise en évidence de jets dont les longueurs dépassent le million d'années-lumière et qui sont émis par une galaxie elliptique proche du Groupe local. Ces jets de trou noir supermassif sont parmi les plus longs connus.

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L'Askap (Australian Square Kilometre Array Pathfinder) est un réseau de radiotélescopesradiotélescopes, situé en Australie-Occidentale à l'Observatoire de radioastronomie de Murchison (MROMRO). Il est composé de plusieurs dizaines d'antennes paraboliques identiques de 12 mètres de large qui fonctionnent toutes ensemble selon le principe de la synthèse d'ouverturesynthèse d'ouverture. C'est une méthode d'interférométrie qui permet de combiner les observations de plusieurs télescopestélescopes artificiellement pour obtenir l'équivalent virtuel d'un instrument de très grande taille, par exemple celle de la Terre ou du système Terre-Lune comme on l'a vue respectivement avec l'Event Horizon Telescope et RadioAstron.

L'Askap a servi de prototype pour un projet beaucoup plus ambitieux toujours en cours en 2022, le Square Kilometre Array (en abrégé SKA, en français « Réseau d'un kilomètre carré ») qui sera l'équivalent d'un radiotélescope géant d'un kilomètre carré. Constitué de plusieurs réseaux interférométriques dans les longueurs d'onde métriques et centimétriques, son déploiement se fait sur deux sites en Afrique du Sud et en Australie.


Une présentation du SKA et de l'ASKAP. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Dept. of Industry, Science and Resources

Un jet de matière de 50 fois la taille de sa galaxie génitrice

Un groupe de radioastronomes australiens de la Western Sydney University vient de faire savoir, dans un article publié par The Conversation, qu'avec leurs collègues ils avaient découvert en utilisant l'ASKAP parmi les jets de trous noirs supermassifs les plus longs jamais révélés par des instruments de la noosphère. Ils sont associés à NGCNGC 2663, une galaxie elliptiquegalaxie elliptique située dans la constellationconstellation de la Boussole à seulement environ 96 millions d'années-lumière de la Voie lactéeVoie lactée. Elle avait été découverte par l'astronomeastronome américain Lewis Swift en 1886 et à l'époque et même pendant des décennies après, malgré sa proximité au Groupe LocalGroupe Local de galaxies (rappelons que Le Groupe local de galaxies ou, plus simplement, le Groupe local est le groupe de plus de 60 galaxies auquel appartient la Voie lactée dont le diamètre est d'environ 10 millions d'années-lumière), aucun des moyens d'observation dans le visible n'avait permis de mettre en évidence ces jets.

La découverte est exposée avec tous les détails scientifiques nécessaires dans un article en accès libre sur arXiv où l'on apprend qu'en plus des observations dans le domaine radioradio, des observations dans le domaine des rayons Xrayons X avec des satellites comme ChandraChandra et Spektr-RG ont été utilisés dans le cadre du projet Evolutionary Map of the Universe (EMU) par l'équipe menée par Velibor Velović, doctorant à la Western Sydney University.

NGC2663 est une galaxie elliptique typique avec environ 10 fois plus d'étoilesétoiles que la Voie lactée et le jet de matièrematière observé dans le domaine radio est 50 fois plus grand qu'elle, c'est-à-dire sur une longueur de plus d'un million d'années-lumière, de sorte que si on pouvait le voir dans le visible à l'œilœil nu, étant donné la proximité de cette galaxie, il apparaîtrait plus grand que la LuneLune sur la voûte céleste.


Roger Blandford nous parle des trous noirs supermassifs et de leurs jets dans cette vidéo. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Quanta Magazine