Le ballon stratosphérique de Zephalto. Haut de 130 mètres, il sera utilisé pour des vols habités à 25 kilomètres d'altitude et le transport d'expériences ou de charges utiles pour des applications scientifiques et industrielles. © Zephalto
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Tourisme spatial : un ballon stratosphérique made in France a été testé avec succès

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En 2024, l'entreprise française Zephalto prévoit de mettre en service un ballon stratosphérique pouvant s'élever à 25 km pour des vols touristiques inédits. Après un premier vol d'essai réalisé à faible altitude, Vincent Farret d'Astiès, fondateur de Zephalto, et Guillaume Aldegheri, D.-G. de Zephalto, ont accepté nous en dire plus.

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Encore incertain il y a encore quelques années, le tourisme spatial pourrait bien décoller d'ici quelques mois. Si l'on se fie aux déclarations des dirigeants de Virgin Galactic et de Blue Origin, les deux sociétés s'apprêteraient à débuter leur service commercial dans le courant de l'année 2021 après encore un vol habité d'essai pour Virgin Galactic et deux pour Blue Origin.

Mais, ceux qui rêvent d'espace à moindre coût, et sans aller voler à la frontière de l'espace à plus ou moins une centaine de kilomètres d'altitude, pourront y accéder à l'aide de ballons stratosphériques. Quelques sociétés ont donc décidé de s'installer sur ce marché de niche et de proposer à une échéance un peu plus lointaine, à l'horizon 2024-2025, des voyages en ballon à quelque 25-30 kilomètres d'altitude.

Certes, ce tourisme n'est pas à proprement parler du tourisme spatial, qui permettrait de gagner ses ailes d'astronautes, mais à cette altitude, il sera tout de même possible de découvrir la courbure de la Terre, la noirceur de l'espace et même l’apesanteur pour certains projets. Le pari de ces société est que l'attrait des vols touristiques « spatiaux » vient moins de la brève incursion dans l'espace que du spectacle de la Terre vue d'en haut.

Gonflage du ballon utilisé pour le premier vol d'essai. Ce prototype de ballon stratosphérique est haut de 70 mètres contre 130 mètres pour le ballon qui sera utilisé pour les vols stratosphériques. © Zephalto, Camille Poirot

Un concept inédit qui s'affranchit des contraintes habituelles

Parmi les projets en cours, intéressons-nous aujourd'hui à celui de l'entreprise française Zephalto qui fait le pari « d'emmener des passagers, quelle que soit leur condition physique à 25 km d'altitude, dès 2024, à bord d'un concept de ballon inédit », nous expliquent Vincent Farret d'Astiès, fondateur de Zephalto, en 2016 et pilote du ballon, et Guillaume Aldegheri, D.-G. de Zephalto.

Pour ses ballades stratosphériques, Zephalto se contentera des 25 kilomètres d'altitude, « bien que notre ballon soit capable de voler plus haut ». En effet, monter quelques kilomètres de plus n'apporte rien de plus. Par exemple, entre 25 et 35 km, l'expérience spatiale « reste la même, seule la courbure de la Terre varie mais d'une façon si infime que nous préférons rester à 25 km afin d'avoir une nacelle plus spacieuse pour un ballon de même taille, et donc une meilleure expérience passagers à bord ».

L'attrait des vols touristiques « spatiaux » vient moins de la brève incursion dans l'espace que du spectacle de la Terre vue d'en haut

L'idée de Vincent Farret d'Astiès a été de doter son ballon d'un « régulateur d'altitude » pour s'affranchir des contraintes que sont la durée du vol et l'altitude de croisière. Ce régulateur n'est ni plus ni moins qu'un ballon rempli d'air dont le principe de fonctionnement est simple : « À volume fixe, lorsque l'air est comprimé, il gagne de la masse, ce qui fait perdre de l'altitude au ballon. Lorsque l'on décomprime l'air, le ballon relâche de l'air, ce qui lui fait perdre de la masse et ainsi gagner de l'altitude ».

Ce régulateur, qui fonctionne à l'énergie solaire, permet donc de maîtriser la montée et la descente du ballon, et ainsi de « proposer une expérience plus confortable, un vol plus stable et une redondance des systèmes de sécurité ». Quant au ballon porteur, il est doté « d'une enveloppe réutilisable réalisée dans un matériau polymère multicouche qui est plus résistant que celui des enveloppes traditionnelles ».  Il transportera une nacelle pressurisée adaptée aux conditions environnementales à 25 km, dont la résolution est un défi.

Cette photo montre le ballon régulateur gonflé et l’équipe du projet qui est en train de positionner le ballon porteur. La chaîne de vol totale fait 70 mètres de haut. © Zephalto

Un prochain test à au moins 8 kilomètres d'altitude  

Il y a quelques jours, Zephalto a testé pour la première fois en vol le prototype du ballon, baptisé Odyssée 8000. Porté par les vents, il a « décollé du Pouget (Hérault) et volé sur 300 kilomètres avant d'atterrir à Sauviat, dans le Puy-de-Dôme, quatre heures plus tard ».

Lors de ce vol d'essai, Vincent Farret d'Astiès était accompagné par Benoît Pelard, président de la Fédération française d'Aérostation. Guidés par les aiguilleurs du ciel, ils se sont insérés dans un courant aérien qui les a menés vers le nord. Vincent et Benoît ont testé les procédures de décollage, d'atterrissage et d'intégration dans le trafic aérien du ballon de 70 m de haut, garantissant la sécurité des prochains vols. Dans le même temps, l'équipe au sol dirigée par Guillaume Aldegheri, travaillait pour garantir le bon déroulement du vol, en communication avec la DGAC (Direction générale de l'Aviation civile).

Cet essai réussi ouvre la voie à d'autres vols « radicalement augmentés, tant en altitude qu'en durée » avec un objectif d'une « mise en service dès 2021 pour des applications scientifiques et industrielles ». Cet automne, Zephalto prévoit un vol à au moins 8 kilomètres d'altitude, voire 12 km. L'année prochaine, un ballon plus grand permettra de « voler jusqu'à 15 kilomètres d'altitude pour les premières activités stratosphériques ». Quant au premier vol d'essai sans passager à 25 kilomètres d'altitude, « il est prévu dès que possible avec un objectif de vol habité dès 2024 ».

Zephalto bénéficie de la collaboration de nombreux partenaires, en particulier du Cnes -- dont l'expérience dans les ballons n'est plus à démontrer et qui permet de réaliser un ballon avec un niveau de sécurité très élevé --, de l'Agence spatiale européenne, ainsi que du soutien de l'Union européenne et de la Région Occitanie.

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