Des archéologues de l’université de Stanford ont découvert en Israël les plus anciennes traces de brassage de bière. Vieilles de quelque 13.000 ans, elles pourraient venir accréditer la thèse qui veut que la soif de bière ait été l’un des déclencheurs de la culture des céréales. © Free-Photos, Pixabay, CC0 Creative Commons

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Science décalée : quand la soif de bière encourage l’agriculture

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Cet été, Coupe du monde de football oblige, la bière a coulé à flots. Mais vous êtes-vous déjà demandé depuis quand la bière est ainsi partie intégrante de nos rituels sociétaux ? Selon des archéologues de l'université de Stanford, il faudrait remonter loin... très loin dans le temps. Au-delà même peut-être de la naissance de l'agriculture !

Des litres de bière qui jaillissent des verres de supporters anglais. Pendant la dernière Coupe du monde de football 2018, l'image a fait le tour des réseaux sociaux. Comme une preuve de plus, s'il en fallait une, que la bière est partie intégrante de certains « rituels » de notre société moderne. Cet été en Europe, on a même un instant redouté la pénurie !

Et à en croire une découverte faite par des archéologues de l'université de Stanford (États-Unis), cette place particulière que nous faisons à la bière ne date pas d'hier. Non, l'invention de la bière n'a pas nécessairement résulté d'une production agricole excédentaire. La bière a été imaginée à des fins rituelles et à des besoins spirituels. « Dans une certaine mesure au moins, avant le déploiement de l'agriculture », affirme Li Liu, professeur en archéologie chinoise à l'université de Stanford.

Avec son équipe, elle a en effet découvert, dans une grotte aux alentours d'Haiffa (Israël), des preuves que les Natoufiens maîtrisaient déjà à leur époque - il y a quelque 11.700 à 13.700 ans - l'art de la brasserie. Oh, ne vous y trompez pas tout de même. Car les bières de l'époque ne ressemblaient tout de même pas trop à celles que nous aimons déguster aujourd'hui lorsque les températures montent un peu trop.

Des traces microscopiques d’amidons anciens extraits par les archéologues de l’université de Stanford (à gauche) sont comparées aux références que Liu et ses recherches ont reproduites dans leurs expériences de brassage de bière. © Li Liu, Stanford University

Qui de la bière ou du pain ?

En ces temps reculés, la bière devait se présenter sous la forme d'un mélange - du genre porridge - de plusieurs céréales. Ce que les archéologues de Stanford ont retrouvé, ce sont des résidus d'amidon et de particules microscopiques de plantes appelées phytolithes, caractéristiques de la transformation du blé et de l'orge en alcool.

Selon les chercheurs, les Natoufiens procédaient en trois étapes pour fabriquer la bière. D'abord le blé - ou l'orge - devait être transformé en malt en le faisant germer dans de l'eau puis en le séchant. Puis, le malt était écrasé et chauffé. Enfin, le malt fermentait sous l'action d'une levure sauvage en suspension dans l'air. Une théorie qu'ils ont vérifiée par une série d'expériences réalisées en laboratoire.

De quoi relancer une théorie dans l'air du temps depuis quelques décennies. Celle-ci avance que, plus que l'invention du pain, ce serait celle de la bière qui a encouragé le développement de la culture des céréales. Pain ou bière, quoi qu'il en soit, il semblerait que les Natoufiens soient à remercier. Car c'est sur un autre site que les archéologues ont pu découvrir aussi les restes les plus anciens de pain.

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