Une étude montre que nos produits cosmétiques ont un impact non négligeable sur la qualité de l’air que nous respirons. © Microgen, Fotolia

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Science décalée : et si nos cosmétiques polluaient plus que nos voitures ?

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Depuis quelques années maintenant, nous trouvons, dans les rayons, des produits cosmétiques estampillés « antipollution ». Une véritable hérésie si l'on en croit une récente étude qui montre que les produits cosmétiques participent de manière significative à la pollution de l'air.

La pollution atmosphérique, c'est mauvais pour la santé. Tout le monde le sait. Mais savez-vous que les particules fines et autres composés organiques volatils (COV), par exemple, agressent également nos cheveux et notre peau ? Car mettez-les en présence de rayons UV et les voici capables de s'attaquer à notre barrière cutanée. Résultat : le vieillissement de notre peau est accéléré. Et, selon des recherches menées surtout par de grands groupes industriels, on observe une baisse de l'hydratation, une augmentation de la production de sébum et l'apparition de squames. Le tableau est noir !

Heureusement, l'industrie de la cosmétique a la solution. Oui, celle-là même qui nous alerte par ses études sur les effets néfastes des facteurs environnementaux sur notre peau... Depuis quelques années maintenant, elle propose des produits antipollution, de la simple crème protectrice à la brume capable de protéger nos cheveux des agressions du périph en allant jusqu'au véritable « bouclier urbain ».

Mais ne vous emballez pas. Car, à ce jour, l'efficacité de ces produits n'a pu être prouvée par aucun test solide. Les dermatologues, de leur côté, recommandent plutôt quelques gestes simples : appliquer le matin une crème hydratante avec un indice de protection UV qui aidera à renforcer notre barrière cutanée et nettoyer soigneusement sa peau le soir pour la débarrasser des impuretés.

En bleu, les émissions de siloxane (en ppt) et, en rouge, celles de benzène. Attention : les échelles (à gauche pour le siloxane et à droite pour le benzène) ne sont pas les mêmes. © Kathy Bogan, Cires

Deux pics de concentration en siloxane, un le matin et un le soir

Une nouvelle étude menée aux États-Unis confirme aujourd'hui que nos produits cosmétiques — et avec eux ceux censés nous protéger de la pollution — émettent des produits chimiques qui contribuent de manière significative à la pollution de l'air en ville. 

Sur le banc des accusés notamment, le décaméthylcyclopentasiloxane, ou D5 siloxane, pour les intimes. On le trouve dans bon nombre de cosmétiques aussi classiques que les shampoings ou les déodorants. C'est un COV qui s'évapore rapidement après application. Il se retrouve donc dans l'air, où il peut former de l'ozone et d'autres particules dangereuses pour notre santé.

D'après les relevés réalisés par les chercheurs à Boulder (Colorado, États-Unis), deux pics de concentration en siloxane apparaissent dans la journée. Le matin, au moment où les gens quittent leur maison pour rejoindre leur bureau, et le soir, au moment où ils rentrent chez eux. Et même si les concentrations en siloxane restent relativement faibles face à celles en benzène, le constat est alarmant. D'autant que cette pollution cosmétique atteint vraisemblablement aussi l'air intérieur que nous respirons à longueur de journée.

  • La pollution de l’air accélère le vieillissement de la peau.
  • L’efficacité des cosmétiques antipollution n’est pas prouvée.
  • Les produits cosmétiques sont en revanche à l’origine d’émission de composés chimiques qui participent de manière significative à la pollution de l’air que nous respirons.
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