Et si le père Noël sortait toute l'année maintenant ? Avec sa grande barbe, il ne craint pas les rayons du soleil. Tant mieux, puisqu'en Laponie, où il vit, l'astre du jour n'est presque jamais couché à la belle saison. © D'Arcy Norman, Fotopédia, cc by 2.0

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Science décalée : la barbe, un indice de protection solaire de 20

ActualitéClassé sous :biologie , médecine , barbe

Verra-t-on débarquer une horde de pères Noël sur les plages l'été prochain ? La barbe pourrait devenir à la mode puisqu'elle protège des ultraviolets du soleil. Et dans ce cas, c'est bien la longueur qui compte : plus elle est fournie et moins les rayons la traverse !

Toutes les découvertes scientifiques se valent-elles ? La mise en évidence de la gravitation universelle, la réussite du premier vaccin ou la formule de la relativité restent des progrès conséquents dans l'histoire de l'humanité. Pourtant, certains scientifiques s'attaquent à des questions beaucoup moins épineuses avec tout le sérieux du monde. Si l'annonce de chercheurs de l'University of Southern Queensland (Australie) ne révolutionnera probablement pas la vie sur Terre, elle révèle néanmoins que la barbe humaine, d'autant plus si elle est longue, protège des dégâts du soleil sur la peau. Déjà bon à savoir...

Le contexte : le soleil et ses UV, un vrai danger

Ce n'est un secret pour personne : une exposition trop importante aux rayons ultraviolets de l'astre du jour n'est pas du tout conseillée pour la peau. En plus des coups de soleil qui risquent d'apparaître dans les heures qui suivent, les conséquences à long terme peuvent être bien plus graves puisque des mélanomes, des cancers de la peau, se déclenchent parfois.

Pour profiter malgré tout du soleil, les spécialistes invitent la population à mettre casquettes ou chapeaux sur la tête, à s'étaler de la crème solaire ou à s'habiller avec des vêtements à manches longues par exemple. Désormais, il pourra être préconisé aux hommes de se laisser pousser la barbe...

L'homme possède jusqu'à 500 poils de barbe par cm2. La femme, ça ne se voit pas (ou très rarement), en possède malgré tout une centaine, mais très courts. © Wen-Yan King, Wikipédia, cc by 2.0

Des scientifiques australiens se sont lancés dans une drôle d'étude et ont montré dans la revue Radiation Protection Dosimetryque la pilosité faciale protégeait effectivement la peau des ultraviolets agressifs.

L’étude : des mannequins avec des barbes synthétiques

Le protocole est plutôt original. Pour ne pas soumettre des êtres humains aux affres du soleil, les auteurs ont eu recours à des mannequins qu'ils ont bardés de capteurs sensibles aux ultraviolets afin d'estimer la quantité de rayonnement qui se concentrait sur leur surface.

Oui mais les mannequins de plastiques n'ont pas les poils qui poussent. Il a alors fallu les équiper de fausses barbes synthétiques, le tout placé en plein campus universitaire. Ainsi se déclinaient trois modèles : l'absence de barbe, la barbe courte (des poils de 4 cm de long) et la barbe longue, qui fait de la concurrence à celle du père Noël.

Les rayonnements reçus étaient mesurés en différents points du visage, à savoir le menton, les joues, la mâchoire supérieure et la mâchoire inférieure. L'angle d'incidence des rayons était également pris en compte.

Cette figure, tirée de l'étude, montre l'efficacité de la barbe dans la protection solaire. En blanc, l'exposition aux UV pour les mannequins sans barbe ; en gris pour les barbes courtes et en noir pour les barbes longues. L'axe des abscisses représente différentes parties du visages : la lèvre supérieure, la mâchoire inférieure, la mâchoire intermédiaire, la mâchoire inférieure et le menton. © Parisi et al., Radiation Protection Dosimetry

Les résultats sont nets sans bavure. La barbe, même courte, diminue la quantité d'UV qui atteignent la peau. Les poils procurent même un indice de protection solaire compris entre 2 et 21, selon le contexte. Par exemple, leur efficacité est minimale quand les rayons arrivent en formant un angle compris entre 53 et 62°. Et leur longueur revêt bien de l'importance : la barbe la plus drue bloque davantage le passage des ultraviolets.

L’œil extérieur : de grandes questions sans réponse

Aussi passionnant que soit ce travail, il souffre quand même de quelques lacunes et laisse des questions en suspens. Tout d'abord, il s'agissait de barbes synthétiques et non en kératine, composant essentiel des poils naturels. Ont-ils un pouvoir d'absorption plus important ? Ce point crucial est négligé.

Deuxièmement, qu'en est-il des barbes blondes ou blanches ? On l'ignore car les mannequins ont eu droit à une pilosité faciale brune, alors qu'on sait que les rayons du soleil traversent plus difficilement le noir. Une comparaison de la protection solaire des barbes en fonction de leur couleur mérite d'être réalisée.

Ensuite, la gamme de barbes proposée était un peu restreinte. Avec deux modèles différents, il est impossible de déterminer à partir de quelle longueur on observe un effet protecteur. Une barbe de trois jours est-elle suffisante ?

Ainsi, l'été prochain, par souci d'économie de quelques millimètres cubes de crème solaire, verra-t-on peut-être débarquer sur les plages des hommes au visage touffu et des femmes avec des fausses barbes. Pour les reconnaître à la rentrée, ce sera simple : ils auront sûrement une marque de bronzage.

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