Aérer son logement est un geste important pour respirer un air sain et éviter la pollution intérieure. © Monkey Business Images, Shutterstock

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Pollution intérieure : l'air de ma maison est-il pollué ?

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Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la qualité de l'air intérieur n'est pas nécessairement meilleure que celle de l'air extérieur. Un problème d'autant plus important pour la santé publique que nous avons pour habitude de passer quelque 80 % de notre temps enfermés à l'intérieur d'un bâtiment, quel qu'il soit.

En 2014, l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) évaluait à pas loin de 20.000 par an le nombre de décès prématurés provoqués par les polluants de l’air intérieur les plus connus. L'air que nous respirons à l'intérieur de nos maisons peut en effet se révéler de moins bonne qualité que celui que nous respirons à l'extérieur. La faute à quelques polluants spécifiques qui émanent des matériaux que nous employons pour la construction, la décoration ou l'ameublement de nos maisons. Également responsables, certaines de nos activités : tabagisme, bricolage, ménage, etc.

Les principaux polluants de l’air intérieur

Les polluants chimiques font partie de la liste de ceux que l'on retrouve abondamment dans l'air que nous respirons à la maison :

La fumée de cigarette est l’un des polluants de l’air de nos maisons le plus connu. © realworkhard, Pixabay, CC0 Creative Commons

Il faut leur ajouter quelques organismes vivants évoluant dans nos maisons et qui peuvent aussi être sources de pollution. Ainsi les spores de moisissures peuvent être à l'origine d'infections. Et des allergènes sont régulièrement émis par les plantes, les insectes, les acariens ou les animaux domestiques.

La poussière, quant à elle, peut-être composée de contaminants divers comme des pollens ou des spores. En suspension dans l'air, ceux-ci peuvent être inhalés par les habitants de la maison, notamment au cours de certaines activités comme le bricolage ou le ménage.

Enfin, un agent polluant peut-être moins connu : le radon, un gaz radioactif naturel, incolore et inodore. Il peut s'accumuler dans les maisons et plus encore dans les caves mal ventilées. Attention donc dans les régions au sous-sol granitique comme la Bretagne ou le Massif central.

L’humidité, une pollution indirecte

Quant à l'humidité, si elle n'est pas intrinsèquement considérée comme polluante, elle peut être à l'origine d'une dégradation de la qualité de l'air intérieur. Cuisson, séchage du linge, douche, chauffages mobiles d'appoint et même respiration : les sources d'humidité à la maison sont nombreuses. Pourtant, il est déconseillé de vivre dans un logement trop humide, car l'humidité favorise le développement des acariens et des moisissures, par exemple, mais aussi les dégagements de COV par dégradation des colles sur les meubles.

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