Le satellite DSCOVR, arrivé au point de Lagrange L1, a transmis sa première image de la face éclairée de la Terre. Il n’y avait pas eu de vues globales montrant la totalité de notre planète depuis celle des astronautes d'Apollo 17 en 1972 !

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    Lancé le 11 février 2015 par une fuséefusée Falcon 9 de SpaceX, DSCOVR (Deep Space Climate Observatory) a navigué ces derniers mois jusqu'au point de Lagrange L1, à 1,6 million de kilomètres de notre planète. De ce poste d'observation, où les forces de gravité de la Terre et du Soleil s'annulent, le satellite peut désormais observer avec l'instrument Epic (Earth Polychromatic Imaging Camera) la face éclairée de notre biosphèrebiosphère tout entière. L'image ci-dessus est la première depuis 1972 (prise par l'équipage d'ApolloApollo 17, la célèbre « Bille bleue » ou Blue Marble en anglais) à embrasser le globe terrestre dans sa totalité. Toutes celles que nous avons pu découvrir depuis n'étaient en réalité que des mosaïques de clichés soigneusement assemblés.

    D'autres vues d'ensemble de la Terre ont été prises par des sondes partant vers des destinations lointaines. Les plus belles, sans doute, furent celles saisies en 1990 par la sonde GalileoGalileo, partie étudier JupiterJupiter. Les clichés, pris le 11 décembre 1990, entre 1,9 million et 2,7 millions de kilomètres, montraient bien la planète entière en une seule image mais Galileo voyait alors la Terre gibbeuse. La surface éclairée visible n'occupait donc pas la totalité du disque. Elles ne pouvaient rivaliser avec la Bille bleue...

    Quatre images de la Terre prises le 11 décembre 1990 par la sonde Galileo, en route vers Jupiter. © Nasa/JPL

    Quatre images de la Terre prises le 11 décembre 1990 par la sonde Galileo, en route vers Jupiter. © Nasa/JPL

    Dorénavant, les images d'Epic arriveront presque tous les jours

    « Cette première image de DSCOVR de notre planète démontre les avantages uniques et importants de l'observation de la Terreobservation de la Terre depuis l'espace », commente Charles F. Bolden, administrateur de la Nasa depuis 2009. « En tant qu'ancien astronaute qui a eu le privilège de voir la Terre depuis l'espace, je voudrai que chacun soit capable de voir et d'apprécier notre planète comme un système intégré et en interaction. Les observations de la Terre faites par DSCOVR ainsi que ses mesures et alertes de phénomènes météorologiques spatiaux causés par le Soleil aideront à suivre l'évolution constante de la Terre et à comprendre comment elle s'inscrit dans le Système solaire », a-t-il ajouté.

    Dorénavant, Epic fera chaque jour l'acquisition de nouvelles données qui seront transmises dans les 12 à 36 heures et partagées sur un site InternetInternet dédié à partir de septembre. Les scientifiques disposeront à un rythme régulier de données sur le niveau de l'ozoneozone et des aérosolsaérosols dans l'atmosphèreatmosphère, sur l'épaisseur des nuagesnuages, la réflectivité ultravioletultraviolet de la Terre, etc. « La haute qualité des images d'Epic a dépassé toutes nos attentes dans la résolutionrésolution, a commenté Adam Szabo, scientifique de la mission DSCOVR au Goddard Space Flight CenterGoddard Space Flight Center de la Nasa. Les images montrent clairement des structures de sablesable du désertdésert, des systèmes fluviaux et des motifs complexes de nuages. Il y aura une énorme massemasse de nouvelles données à explorer pour les scientifiques. »