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Un quatrième survol rapproché de Rhéa pour Cassini

ActualitéClassé sous :Astronomie , Cassini , survol rapproché

Rhéa est le deuxième plus grand satellite de Saturne derrière Titan. La sonde Cassini vient d'effectuer son quatrième survol rapproché de cette lune glacée. De nouvelles photos ont été prises. Futura-Sciences vous en présente quelques-unes.

Cette image a été prise le 9 mars 2013 par la sonde Cassini. Elle était alors à environ 3.778 km de Rhéa. © Nasa, JPL-Caltech, Space Science Institute

La première sonde spatiale à avoir pris des photographies de Rhéa fut Voyager 1, en novembre 1980. Début mars 2013, la sonde Cassini a effectué son quatrième survol rapproché de Rhéa, ce petit corps céleste découvert en 1672 par Jean-Dominique Cassini. Comme nous l'expliquait André Brahic dans un précédent article, la mission Cassini a été prolongée jusqu'en 2017. La sonde aura donc l'occasion de survoler une cinquième fois la lune glacée de Saturne, Rhéa, en 2015.


Cassini est en orbite autour de Saturne depuis 2004. Elle ne cesse de nous offrir des images somptueuses de ses anneaux et de ses satellites. © Cnes, Dailymotion

Quelle origine pour les lunes de Saturne ?

Avec un diamètre d'environ 1.530 km, Rhéa est le deuxième plus grand satellite de Saturne après Titan. Les températures y oscillent entre 53 K (−220 °C) dans l'ombre et 73 K (−200 °C) au Soleil. À l'origine, Jean-Dominique Cassini, alors directeur de l'observatoire de Paris, n'avait pas donné de noms précis aux lunes de Saturne qu'il avait découvertes.

Il s'était contenté de nommer Téthys, Dioné, Rhéa et Japet les « étoiles de Louis » en hommage à Louis XIV pour remercier son protecteur. Ce n'est qu'au XIXe siècle, sur proposition de John Herschel (le fils de William Herschel) qu'on donna à ces lunes, y compris Titan, les noms en usage aujourd'hui.

Cette image a été prise le 10 mars 2013 par la sonde Cassini. Elle était alors à environ 280.317 km de Rhéa. © Nasa, JPL-Caltech, Space Science Institute

On a récemment proposé une nouvelle théorie expliquant la formation de certaines lunes de Saturne, comme Rhéa justement. Bien évidemment, plus on disposera d'informations sur ces lunes, plus on pourra contraindre les modèles de formation et d'évolution. Il y a déjà eu plusieurs survols de Rhéa, dont celui de mars 2012. Seuls quatre d'entre eux (comme celui de 2011 portant la dénomination de R-3) étaient spécifiquement programmés pour étudier Rhéa à moins de 3.000 kilomètres de distance.

Cette image de Rhéa a été prise en 2012 lors d’un précédent survol de cette lune de Saturne par Cassini. La sonde était alors à environ 43.000 kilomètres de distance, et la résolution de l’image est de 252 m par pixel. © Nasa, JPL-Caltech, Space Science Institute

De la gravimétrie pour Rhéa

Le dernier survol de Rhéa en ce mois de mars 2013 a été effectué à une altitude de 997 km. Il a donc été baptisé R-4 comme il se doit. L'un de ses buts était de faire de la gravimétrie, c'est-à-dire de cartographier au moins partiellement le champ de gravité de Rhéa. C'est ce que l'on a fait de façon considérablement plus précise avec la mission Grail pour la Lune. De cette manière, on peut étudier la structure interne d'un corps céleste, et ainsi déterminer si Rhéa est un astre homogène ou différencié (avec un noyau, un manteau et une croûte comme c'est le cas pour la Terre).

De nouvelles images dans les bandes infrarouge, visible et ultraviolette ont été prises. Surtout, l'analyseur de poussières cosmiques de Cassini a tenté de détecter de la poussière montant du sol de Rhéa, éjectée par le bombardement météoritique. On pense pouvoir ainsi estimer le taux de bombardement récent des lunes et des anneaux de Saturne, ainsi que la fréquence de leur contamination en matériaux provenant d'autres régions du Système solaire. Cela aiderait à établir une estimation de l'âge des anneaux.

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