D'une masse au lancement de 3.850 kg, GPM Core Observatory sera capable de suivre les précipitations des zones qu'il survole, par observation radar et en micro-ondes. Avec d'autres satellites chargés de tâches semblables, il participera à l'étude de l'atmosphère et du climat terrestre. © Nasa

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En vidéo : le satellite GPM Core Observatory va étudier… la pluie

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Satellite d'observation des précipitations, le satellite GPM Core Observatory devrait être lancé ce soir. Réalisé par la Nasa et la Jaxa, il va observer toutes les formes d'eau dans l'atmosphère durant trois à cinq ans.

Lancement de GPM Core Observatory en images de synthèse  Simulation du lancement de la mission GPM Core Observatory depuis le centre spatial japonais Tanegashima, prévu le 27 février 2014 par un lanceur H-IIA. À 407 km du sol, ce satellite, réalisé par la Nasa et la Jaxa, mesurera pendant trois ans les teneurs en eau de l'atmosphère sous différentes formes (liquide, vapeur ou glace). © Jaxa 

L'agence spatiale japonaise, la Jaxa, s'apprête à lancer le satellite d'observation de la Terre GPM Core Observatory (GPM pour Global Precipitation Measurement) de mesure des précipitations sur l'ensemble du globe. Réalisé en coopération entre la Nasa et la Jaxa, ce satellite sera placé en orbite par un lanceur japonais H-IIA. Si rien ne perturbe son lancement, le décollage est prévu ce soir, 27 février, depuis le centre spatial de Tanegashima, au Japon.

GPM Core Observatory sera placé à 407 kilomètres au-dessus de la Terre, avec une inclinaison de 65°. Cette orbite a été choisie parce qu'elle permet au satellite d'observer les précipitations qui se déclenchent du cercle arctique au cercle antarctique à différents moments de la journée. Il sera ainsi aux premières loges pour mesurer la formation et l'évolution de nombreux phénomènes météorologiques, comme les ouragans, mais également les périodes de sécheresse et d'inondations. Il étudiera ainsi le changement climatique et l'évolution des ressources d'eau douce. Alors qu'il est conçu pour fonctionner trois ans, les scientifiques s'attendent à l'utiliser au moins cinq ans.

Ce satellite s'inscrit dans un programme bien plus vaste qui s'appuie sur une constellation de nombreux satellites existants ou à lancer, dont les Metop européens et le Megha-Tropiques franco-indien. Ce système de plusieurs satellites prend le relais de la mission TRMM (Tropical Rainfall Measuring Mission). Il permettra de mesurer précisément toutes les trois heures les pluies et chutes de neige partout dans le monde, alors que le délai était de 17 heures pour la mission TRMM.

Les composants importants du satellite GPM Core Observatory : antenne à haut gain (high gain antenna), avionique et poursuite d'étoiles (avionics/star trackers), propulsion et roues de réaction (propulsion module/reaction wheels) et panneaux solaires (Solar Array). S'y ajoutent les instruments : les radars à précipitations bifréquence en bande Ka et Ku, à 35,5 GHz et 13,6 GHz (dual-frequency precipitation radar), fournis par le Japon, et l'imageur micro-ondes de la Nasa (GPM microwave imager). © Nasa

Mieux comprendre le climat

Le satellite GPM Core Observatory sera au cœur du système. Certes, il réalisera des observations, mais il assurera surtout la coordination des données provenant de tous ces satellites. Ses données serviront également de standard pour unifier les mesures effectuées par les autres satellites de la constellation.

D'un point de vue purement scientifique, ce satellite devrait aider les chercheurs à mieux répondre aux demandes de prévisions du changement climatique pour les prochaines décennies. Alors que la modification du climat à l'échelle de la planète ne fait guère plus de doute, il existe de très grandes incertitudes sur l'évolution dans le temps d'un certain nombre de variables climatiques. Concernant les précipitations à l'échelle du globe, les chercheurs n'ont aucune certitude sur la façon et la forme dont elles vont évoluer, en matière d'intensité et de quantité, dans de nombreuses régions du monde. On s'attend à des événements météorologiques de plus en plus extrêmes.

Cette mission n'a pas seulement la recherche en point de mire. L'amélioration des modèles climatiques qui en découlera perfectionnera à son tour de nombreux systèmes d'aide à la décision dans des secteurs clés de l'économie (agriculture, transport) ou de la gestion des ressources en eau.