Si le contexte politique et diplomatique dans lequel évolue la Chine n’incite guère à la pousser à une coopération intensive, force est de constater qu’étape après étape, son programme spatial habité connaît un certain nombre de succès. Succès qui rendent incontournable sa présence dans l’espace. Mieux vaut une coopération que se regarder en chien de faïence... © Nasa

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Le vaisseau spatial Shenzhou s'arrimera-t-il un jour à l'ISS ?

ActualitéClassé sous :Astronautique , esa , Cmseo

L'Esa évoque ouvertement l'idée d'amarrer la Chine à la Station spatiale internationale. Un rendez-vous qui serait au moins aussi historique que la rencontre de la navette américaine avec la station spatiale russe Mir en 1995 ou même le rendez-vous Apollo-Soyouz de 1975. Les relations diplomatiques étant ce qu'elles sont, de nombreux pays, au premier rang desquels figurent les États-Unis, ne sont pas enthousiasmés par cette perspective.

Le directeur de l'Agence spatiale européenne Jean-Jacques Dordain a rencontré Wang Zhaoyao, son homologue chinois du Bureau pour les vols habités spatiaux (CMSEO, China Manned Space Engineering Office) afin de discuter de la coopération future dans les vols spatiaux habités et notamment la possibilité pour un vaisseau spatial Shenzhou chinois de venir s'amarrer à la Station spatiale internationale. Pour Jean-Jacques Dordain, l'idée est de « jeter les bases d'une coopération sino-européenne dans les vols spatiaux habités ». Cette coopération sera élargie à la formation des astronautes, aux systèmes de support vie, à différents équipements et systèmes à bord de l'ISS.

Pour Jean-Jacques Dordain, le partenariat dans l’ISS est « très important ». C'est ce qui a fait le succès politique et technologique de ce programme. Réussir à faire travailler ensemble plusieurs pays aux méthodes et normes différentes est un des exemples les plus réussis de collaboration entre gouvernements. « Ignorer la Chine et ne pas soulever la question de la coopération serait la pire option, » a-t-il précisé. Pour le moment, les deux agences discutent de « ce que nous pouvons faire ensemble ».

La navette Atlantis amarrée à la station russe Mir, en juillet 1995. © Nasa

Chinois et Européens doivent rendre leurs systèmes compatibles

Cela dit, la venue d'un taïkonaute à bord de la Station spatiale n'est pas envisageable avant la fin de cette décennie. Comme l'explique, à juste titre, le directeur du CMSEO, le « problème est moins technologique que politique », faisant allusion à une loi américaine adoptée l'an dernier qui interdit à la Nasa de travailler avec cet organisme. S'il devait se réaliser, cet amarrage aurait une portée au moins aussi historique que le programme Shuttle-Mir qui a permis à trois navettes spatiales de venir s'amarrer à la station spatiale russe Mir. Le premier rendez-vous avait eu lieu en juin 1995 avec l'amarrage de la navette Atlantis à Mir.

Pour l'instant les systèmes d'amarrage chinois et ceux utilisés sur la Station spatiale ne sont pas compatibles entre eux. Chinois et Européens comptent avancer sur cette question en mettant en en place un groupe de travail qui doit se réunir à Paris dès le mois prochain pour discuter de la compatibilité de Shenzhou avec l'ISS.

Après avoir réussi un premier rendez-vous inhabité en orbite, la Chine s'apprête à lancer avant la fin de l'été un équipage de trois taïkonautes à bord de Shenzhou 9 qui doit rejoindre le module orbital Tiangong-1 pour s'y amarrer. Comme le souligne Wang Zhaoyao, « avec cette mission nous aurons la maîtrise technologique du rendez-vous orbital ».

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