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Un test de grossesse pour détecter la vie sur Mars

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Actuellement en orbite autour de la Terre, afin de prouver son bon fonctionnement dans l'espace, ce minuscule instrument, reposant sur le même principe que les tests de grossesse devrait partir pour Mars en 2011 avec l'expédition européenne.

Baïkonour, 14 septembre 2007. Une fusée Soyouz-U emporte vers l’espace la mission Foton M3. © Esa / S. Corvaja 2007

Accroché à une capsule effectuant un tour de planète toutes les 90 minutes, ce petit objet de  3,8 x 4,1 x 1,3 cm aura un jour la lourde tâche de vérifier si la vie existe ou a existé sur la planète Mars. En 2011 (ou 2013), il sera embarqué dans la mission ExoMars, de l'Esa, l'agence spatiale européenne. Sur le rover qui arpentera la surface martienne, il cherchera les traces d'une activité organique.

Le principe est très différent de celui utilisé jusque-là depuis la première tentative de la sonde Viking 1 en 1976. Il ne s'agit pas de détecter l'activité d'organismes vivants mais de repérer certaines molécules, dont on pense qu'elles sont produites par toute vie semblable à la nôtre, ou encore des minéraux altérés par une activité biologique passée. En tout, 63 molécules ont été retenues et ce sont elles, et elles seules, que cherchera l'instrument LMC (Life Marker Chip), mis au point par des équipes universitaires de quatre pays (Allemagne, Etats-Unis, Hollande et Royaume-Uni).

Ce « laboratoire-sur-puce », ou lab-on-a-chip selon l'expression originelle en anglais, est conçu comme les tests de grossesse et les biopuces servant à détecter les polluants. A sa surface sont fixées des protéines ayant la propriété de se lier spécifiquement à une certaine molécule. La réaction est la même que celle qui accroche un anticorps à un antigène. Ces protéines sont réparties en damier, chacune des minuscules cases correspondant à l'une des molécules recherchées.

Une trace de vie et la lumière s’allume

Sur Mars, l'instrument recevra des échantillons finement broyés, qui auront été prélevés sur le sol par le bras articulé du rover, et mis en solution. Si l'une des molécules cible trouve chaussure à son pied, plus précisément une protéine qui lui est spécifique, celle-ci deviendra fluorescente et la lumière sera perçue par un capteur installé derrière un microscope.

La plate-forme Biopan-6, construite par l’Esa et embarquant dix expériences sur l’exobiologie et l’exposition aux radiations. Dès l’injection de la capsule sur son orbite, ce gros boîtier s’ouvre pour exposer le contenu au vide spatial. © Esa

C'est un prototype de LMC qui vient de partir dans l'espace, pour un tout petit voyage comparé à la future expédition martienne puisqu'il tournera à 308 kilomètres du sol durant 180 orbites autour de la Terre. Parti de Baïkonour le 14 septembre sur une fusée Soyouz-U, il sera récupéré le 25 septembre. Pendant ces tours de manège, le LMC sera soumis au vide spatial et devra analyser les 200 molécules que l'on a préparées pour le test. L'instrument devra alors faire la preuve qu'il peut travailler normalement dans ces conditions.

Le LMC ne voyage pas seul. Il n'est que l'une des 43 expériences installées à bord de la capsule. Il est installé, avec neuf autres, dans le module Biopan-6, construit par l'Esa et consacré à l'exobiologie et à l'étude de l'exposition aux radiations. Fixé à l'extérieur de la capsule, il s'ouvre et expose les expériences qu'il contient au vide spatial. Si le LMC résiste à cette épreuve, il réussira probablement sa mission sur la planète rouge...

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