Avec le retrait des navettes américaines, l’année 2011 aurait dû être celle de la Russie spatiale triomphante, désormais seule nation capable d’envoyer des Hommes dans l’ISS. Quatre lancements ratés et six satellites perdus en ont décidé autrement.
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La série d'échecs qui frappe les lanceurs russeslanceurs russes a contraint l'Agence spatiale russe à reporter le lancement d'un équipage de trois astronautesastronautes vers la Station spatialeStation spatiale pour donner le temps aux ingénieurs russes de travailler sur les causes précises du dernier échec en date, celui du cargo spatial Progress survenu il y a quelques jours. La Russie a également annoncé qu'elle reportait à la mi-septembre le lancement d'un Soyouz-2 prévu cette semaine avec un satellite du système de navigation Glonass (équivalent russe du GPSGPS américain et de l'européen Galileo).

Initialement prévu le 22 septembre, le lancement du vaisseau spatial SoyouzSoyouz qui doit transporter vers l'ISS les Russes Anton Chkaplerov et Anatoli Ivanichine ainsi que l'Américain Dan Burbank a été reporté au 6 octobre. Ils vont remplacer les Russes Andreï Borissenko et Alexandre Samokoutiaïev ainsi que l'Américain Ronald Garan, dont le retour sur TerreTerre est maintenant envisagé pour le 22 septembre au lieu du 8 septembre.

Cette série noire a débuté en décembre 2010 avec la perte de trois satellites Glonass de la constellationconstellation du système de navigation russe. En février, le missilemissile russe reconverti en lanceur Rockot a placé le satellite militaire Geo-IK 2-1 sur une mauvaise orbiteorbite. Le 17 août, un lanceur ProtonProton a également raté la satellisation du satellite de télécommunications Express-AM4. Un temps considéré comme perdu, il a finalement été repéré sur une mauvaise orbite mais son avenir est incertain. Enfin, un cargo Progress à destination de l'ISSISS s'est écrasé sur Terre quelques minutes après son lancement par un lanceur Soyouz.

C'est ce dernier échec qui a contraint Roscosmos à suspendre ses vols habités. Un des étages du Soyouz utilisé pour lancer des humains emploie le même moteur en cause dans l'échec du lancement du Progress.

L’image de l’industrie spatiale russe sérieusement écornée

Pour expliquer cette série noire sans précédent dans l'histoire spatiale russe, il faut garder à l'esprit que la flotte des lanceurs date de la fin des années soixante. Bien qu'ils soient régulièrement modernisés et dotés de technologies étrangères, ces lanceurs restent rustiques et n'ont plus de potentiel de développement. Or dans un marché très concurrentiel, ce retard technologique additionné à de réelles difficultés de financement oblige à certains compromis et arbitrages, multipliant les problèmes techniques et augmentant proportionnellement le risque d'accidentaccident grave.

Enfin, si la rusticité des systèmes spatiaux russes a toujours été compensée par leur fiabilité, le secteur spatial russe doit également composer avec la disparition de techniciens et ingénieurs de l'ère soviétique et l'arrivée d'une nouvelle génération qui manque d'expérience.