Le stand de RKK Energia au Salon du Bourget sur lequel était présenté le possible successeur de la capsule Soyouz. © Remy Decourt

Sciences

La Russie réfléchit à l'après-Soyouz

ActualitéClassé sous :Astronautique , accès à l'espace , soyouz

Rencontré lors du dernier Salon du Bourget, le représentant de RKK Energia a confié à Futura-Sciences vouloir développer un successeur au système de transport spatial Soyouz. Plus petit et construit plus rapidement, il permettrait de se placer sur le marché concurrentiel de l'accès à l'espace, en attendant le véritable successeur du Soyouz. Une maquette de cet engin était d'ailleurs présentée, mais Roscosmos refuse cette alternative.

Outre-Atlantique, la réflexion se poursuit sur l'après-navettes et, en Russie, on prépare l'après-Soyouz. Mais, à la différence des États-Unis, la continuité de l’accès à l’espace pour les Hommes est garantie. Depuis quelques années, l'Agence spatiale russe (Roscosmos) planche sur un successeur au système Soyouz. Avec plus de 1.770 missions réussies à son compteur, ce lanceur a largement fait ses preuves mais son potentiel d'évolution est bien entamé.

Roscosmos développe un engin de plus de 20 tonnes, contre un peu plus de 7 tonnes pour l'actuel Soyouz et un lanceur capable de le lancer : Rus-M. En parallèle, l'Agence est également à l'œuvre dans la construction du cosmodrome Vostotchny dans l'Extrême-Orient, d'où sera lancée la fusée Rus-M. Ce nouveau site de lancement permettra de renoncer progressivement au cosmodrome de Baïkonour qui s'est retrouvé sur le territoire du Kazakhstan après la chute de l'URSS. Vostotchny devrait être partiellement opérationnel en 2015 et une première mission habitée est planifiée avant 2020.

Cependant, le financement de la construction d'infrastructures et d'installations olympiques pour Sotchi, ville organisatrice des Jeux olympiques d’hiver de 2014, risque de contrarier les plans de Roscosmos. Certains se demandent si la Russie est en capacité de financer simultanément ces deux projets représentant plusieurs milliards de dollars d'investissement.

RKK Energia, qui construit et commercialise la capsule Soyouz, veut accélérer le développement de son successeur en raison de l’arrivée des véhicules spatiaux des sociétés américaines. © Stephane Corvaja

Face à la concurrence de l'Amérique

Ce retard prévisible amène RKK Energia à s'interroger sur la stratégie à suivre car elle voit arriver sur le marché commercial une nouvelle génération de véhicules spatiaux construits par des sociétés américaines. Aujourd'hui, seuls les Soyouz sont utilisés pour transporter des passagers payants à bord de l'ISS. À l'avenir, les véhicules spatiaux de Space X ou Boeing, plus modernes, moins coûteux et de plus grande capacité que le Soyouz pourraient les concurrencer avec succès. Or, le tourisme spatial fait recette et RKK Energia a besoin de ces revenus pour ses projets futurs et ne peut pas se permettre de se faire distancer par ses concurrents américains.

Consciente que le successeur du Soyouz arrivera en retard, elle propose le développement rapide d'un véhicule spatial plus petit (d'une dizaine de tonnes) que celui envisagé par Roscosmos et qui serait lancé depuis Baïkonour par une fusée existante (Zenith). Une option que refuse Roscosmos, préférant s'en tenir aux plans initiaux et rappelant la manne financière que représente l'arrêt des navettes pour la Russie. La Nasa est contrainte d'acheter des places au seul véhicule spatial capable d'envoyer des Hommes sur l'ISS et de les redescendre sur Terre. La facture risque d'être salée pour les Américains qui pourraient bien verser chaque année quelque 250 millions de dollars.

Cela vous intéressera aussi