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La Russie teste un nouveau lanceur de la famille Soyouz

ActualitéClassé sous :Astronautique , accès à l'espace , lanceur privé

En développement depuis 2007, le plus petit lanceur de la famille Soyouz 2 a pour la première fois volé avec succès samedi dernier. Cette version, dont plusieurs autres vols de qualification sont prévus, vient compléter l'offre de services du TsSKB Progress. Il se destine essentiellement au remplacement des anciens missiles russes reconvertis en lanceurs de type Rockot ou Dniepr.

Le nouveau lanceur de la famille Soyouz. Cette version, ici vue sur son pas de tir du cosmodrome de Plessetsk, vient d'effectuer son premier vol d'essai. © TsSKB Progress

L'agence spatiale russe a testé un nouveau lanceur dérivé du Soyouz 2 qui prendra part à l'offre de services du TsSKB Progress, ou Centre national de recherche et de production Progress. Baptisée Soyouz 2.1v, cette version (la plus légère de la famille Soyouz) se caractérise par l'abandon des propulseurs d'appoint accolés à l'étage principal. Il s'agit d'un lanceur en ligne à deux étages utilisé avec un étage supérieur Volga.

Soyouz 2.1v a décollé pour la première fois le 28 décembre dernier de son pas de tir du cosmodrome de Plessetsk. Son vol de qualification s'est bien déroulé. Les trois charges utiles qu'il transportait, le petit satellite AIST construit par des étudiants et deux sphères d'étalonnage SKRL-756, ont été correctement placées sur orbite.

Long de 43 mètres, le lanceur Soyouz 2.1v est constitué de deux étages, dont le supérieur est un Volga (similaire au Fregat). © TsSKB Progress

Une version de Soyouz remise au goût du jour

Bien qu'il s'agisse d'une version basée sur une famille de lanceurs imaginée dans les années 1960 (Soyouz, toutes versions confondues, compte plus de 1.800 lancements), cet engin intègre de nombreuses modifications. La plupart des composants répondent aux standards les plus récents.

Le premier étage utilise un moteur NK-33, développé dans les années 1960 pour le lanceur russe N1, qui devait envoyer des cosmonautes sur la Lune. Renommée AJ-26, une version modernisée de ce moteur a également été adaptée pour le lanceur Antares d'Orbital Sciences, qui est entre autres utilisé pour transporter en orbite le cargo spatial Cygnus. C'est (théoriquement) le moteur LOX/kérosène le plus performant jamais réalisé.

En théorie, il est capable de lancer une charge utile de 2.800 kg sur des orbites basses circulaires de moins de 1.500 km. Ce lanceur aux capacités assez similaires au Vega d'Arianespace ne devrait pas le concurrencer sur les marchés occidentaux du lancement de satellites ouverts à la concurrence. Il se destine au remplacement des anciens missiles russes reconvertis en lanceur, et se pose en concurrent de son homologue de la famille de lanceurs Angara, construit par la firme Khrounitchev, en retard de développement.

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