Pour envoyer des hommes et des femmes à bord de la Station spatiale, la Nasa est contrainte d'utiliser les capacités russes bien plus longtemps qu'elle ne l'avait planifié. Les remplaçants américains de la navette ne pourront pas être opérationnels avant 2015, voire 2017. © Nasa

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La Nasa achète des places à bord des capsules Soyuz jusqu’en 2015

ActualitéClassé sous :Astronautique , accès à l'espace , station spatiale internationale

Moins d'un an après avoir négocié l'achat de places à bord des capsules Soyuz jusqu'en 2014, la Nasa et l'Agence spatiale russe Roscosmos sont de nouveau assises autour d'une table. La Nasa négocie des sièges pour la période 2014-2015 pour ses astronautes et ceux de ses partenaires pour l'accès à la Station spatiale avec en toile de fond la fin de l'ère des navettes.

Le retrait des navettes et la prolongation d'au moins cinq années de l'utilisation de l’ISS au-delà de ce qui était initialement prévu (2015) met la Nasa dans l'embarras car les Américains sont en charge de l'acheminement des astronautes sauf ceux qui effectuent des vols pour le compte de leur propre agence spatiale. En effet, selon des accords d'échanges avec ses partenaires européens, canadiens et japonais, la Nasa est responsable de l'envoi et du retour des astronautes de ces agences vers la station.

Avec l'arrêt des navettes en 2011, bien qu'il existe une possibilité que deux d'entre elles soient utilisées jusqu'en 2017, la Nasa ne peut que se tourner vers les Russes pour transporter vers l'ISS ses astronautes et ceux de ses partenaires. Une situation qui avait été planifiée mais dont la durée ne devait pas excéder quelques années. En effet, pour ne pas dépendre des seules capacités de lancement russes après le retrait des navettes et pour réduire autant que possible cette dépendance, la Nasa a mis sur pied des partenariats public-privé pour le développement de systèmes de transport américains. Mais aucun des projets en concurrence ne sera opérationnel avant 2015, voire 2017. Une situation qui pousse la Nasa à prendre les devants, une trentaine de mois étant nécessaires pour construire une capsule Soyuz.

L'ISS avec certains de ses moyens d'accès, dont l'ATV européen, un cargo russe Progress et deux capsules Soyuz en permanence amarrés à la Station pour pouvoir évacuer l'équipage en cas de danger. © Nasa

Le taxi spatial

Pour la Russie, cette manne financière est évidemment la bienvenue. Elle soutient un secteur spatial qui peine à retrouver son lustre d'antan alors que l'on se prépare à fêter les cinquante ans du vol spatial de Youri Gagarine (12 avril 2011). Avec la reprise des voyages touristiques à bord de l'ISS et l'objectif affiché de devenir une sorte de taxi de l'espace, ces contrats passés avec les Américains sont également la meilleure publicité possible. Capable à elle seule d'offrir une gamme complète de services, que ce soit pour des vols institutionnels ou touristiques, la Russie possède avec Soyuz un avantage indéniable.

Notons que pour le fret et la logistique, la Nasa n'a pas de soucis à se faire. Les deux (voire trois) vols de navettes prévus cette année achemineront sur l'ISS de nombreuses pièces de rechange et d'équipements qui pourraient être nécessaires aux astronautes ces prochaines années. Enfin, la desserte de l'ISS par les cargos spatiaux européens, russes et japonais est suffisamment dense pour éviter une rupture significative dans l'acheminement des consommables et de la logistique d'autant plus que l'arrivée du privé est imminente.

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