Goce est le premier satellite du programme Earth Explorer de l'Agence spatiale européenne à avoir été mis en orbite avec succes. Avec ses 5 m de long pour un diamètre d'1 m, Goce présente une forme aérodynamique afin de minimiser la résistance due à la friction de l'air. Une condition sine qua non pour le bon fonctionnement du gradiomètre, qui exige une stabilité parfaite. © Esa, krunitchev

Sciences

Prolongé de quelques mois, le satellite Goce va encore mesurer la Terre

ActualitéClassé sous :Astronautique , GOCE , géoïde

Une nouvelle fois, l'Agence spatiale européenne a prolongé la mission de Goce, son satellite de mesure du champ de gravité terrestre. L'orbite, déjà basse, est actuellement descendue pour des résultats encore meilleurs. « Une deuxième mission », affirment les scientifiques.

Grâce à une consommation de carburant plus basse que prévue et à la faible activité du Soleil au cours de ces deux dernières années, le satellite Goce (Gravity field and steady-state Ocean Circulation Explorer) de l'Agence spatiale européenne (Esa) a vu sa mission prolongée une nouvelle fois de plusieurs mois. À l'origine, la mission devait se terminer en avril 2011 et avait déjà été étendue de 18 mois, jusqu'à fin 2012.

Ce nouveau prolongement est une bonne nouvelle pour la communauté scientifique des utilisateurs de ce satellite. Sa fonction est de réaliser des mesures très précises du champ de gravité terrestre avec une précision inégalée. 

Ce satellite de l'Esa, lancé en mars 2009, a produit la carte du géoïde terrestre la plus précise à ce jour depuis une altitude très basse d'environ 255 km, quelque 500 km plus bas que la plupart des satellites d'observation de la Terre.

Tracée à partir des données fournies par le satellite Goce, cette carte du géoïde terrestre est la plus précise à ce jour (valeurs de la gravité les plus fortes en jaune, les plus faibles en bleu). © Esa, HDF, DLR

Augmenter la précision des mesures

Pour cette nouvelle phase de l'utilisation de Goce, l'Esa et son comité consultatif scientifique ont décidé d'abaisser son orbite d'une vingtaine de kilomètres, la faisant descendre à 235 km d'altitude. Cela peut paraître faible, mais le gain dans la qualité des mesures sera si grand que les chercheurs n'hésitent pas à qualifier cette extension de « deuxième mission » !

Depuis le mois d'août, le satellite effectue sa descente au rythme de 300 m par jour. Il devrait atteindre son altitude définitive (235 km) en février 2013. Depuis ce nouveau promontoire, les chercheurs s'attendent à une nouvelle salve de résultats bien plus précis, au point qu'ils pourraient bien déclencher de nouvelles recherches dans de nombreuses disciplines liées à la gravité. 

Le géoïde en haute définition avec Goce

Le géoïde est une représentation de l'aspect des océans sans courant et sans marée, façonnés uniquement par la gravité. Cela permet d'effectuer des mesures précises de la circulation océanique, des changements du niveau marin et de la dynamique des glaces. Le géoïde donne également des indices révélateurs de la structure interne de notre planète.

Goce a apporté un nouvel éclairage sur la densité de l'air et du vent dans l'espace. Il a aussi aidé à produire la première carte de la limite entre la croûte terrestre et le manteau à l'échelle du globe en haute résolution.

Goce a été réalisé par un consortium européen. Dans le cadre de ce partenariat, Astrium a fabriqué la plateforme. Thales Alenia Space s'est occupé de la maîtrise d'œuvre satellite, et, en collaboration avec l'Onera, a fourni le gradiomètre, l'instrument principal de la mission, composé de trois paires d'accéléromètres mesurant finement les petites variations de la gravité terrestre.

Cela vous intéressera aussi